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Château Desandrouin et son parc incluant le temple dit de l’Amour à Fresnes-sur-Escaut dans le Nord

Nord

Château Desandrouin et son parc incluant le temple dit de l’Amour

    Rue Vieille Cité Soult
    59970 Fresnes-sur-Escaut
Crédit photo : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick (1988–) Descriptionph - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1720
Découverte de la houille
1762
Construction du temple de l’Amour
1770 (vers)
Édification du château
1810
Aménagements du potager et dépendances
1834
Reconstruction partielle du château
1958
Cession du domaine à la ville
2024
Classement des façades et du parc
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures du château Desandrouin, ainsi que la totalité de son parc avec ses fabriques (temple dit de l’Amour avec sa glacière, statue de Mars et Vénus, grotte, ponts), situés rue Ghesquière, sur la parcelle n° 258 figurant au cadastre section AR : inscription par arrêté du 29 avril 2024

Personnages clés

Stanislas Desandrouin - Propriétaire et industriel Fait construire le château vers 1770.
Gédéon Desandrouins - Fondateur des verreries de Fresnes Commanditaire du temple de l’Amour (1762).
Jean-François Chalgrin - Architecte (attribution incertaine) Auteur présumé du temple de l’Amour.
Louise-Joséphine Chalgrin - Épouse de Stanislas Desandrouin Fille de l’architecte Chalgrin, héritière du domaine.
Emile Moreau-Saugrain - Héritier et dernier Desandrouin Vend le domaine morcelé en 1833.

Origine et histoire

Le château Desandrouin et son parc, situé à Fresnes-sur-Escaut, trouve son origine dans la famille Desandrouin, exploitant des verreries en France et en Belgique. La découverte de la houille en 1720 par cette famille, cherchant à remplacer le bois comme combustible pour ses fours, marqua un tournant économique. Le château fut probablement construit vers 1770 pour Stanislas Desandrouin, grâce aux revenus de l’extraction minière, et agrémenté de serres chaudes et d’un parc orné de folies, dont le temple de l’Amour, édifié en 1762 pour le mariage de Gédéon Desandrouins avec Caroline de Walkiers.

En 1810, des aménagements comme une orangerie, un pigeonnier et un potager furent ajoutés. Stanislas Desandrouin, marié à Louise-Joséphine Chalgrin (fille de l’architecte Jean-François Chalgrin, à qui on attribue sans preuve le temple de l’Amour), décéda en 1821. Le domaine passa ensuite à Emile Moreau-Saugrain, puis fut morcelé et partiellement démoli avant d’être reconstruit en 1834 avec une façade en ciment moulé, une rareté pour l’époque. La famille Renard redessina le parc à l’anglaise au XIXe siècle, exploitant les ressources en eau de l’Escaut.

Le château changea plusieurs fois de mains, passant des verriers Wagret (1907) à la Société houillère de Thivencelles (1913), puis aux Houillères nationales après 1946. Cédé à la ville de Fresnes-sur-Escaut en 1958, le parc devint un jardin public tandis que le château abritait des activités municipales (école, club des Anciens). Malgré la destruction des communs dans les années 1970, l’ensemble témoigne de l’histoire industrielle locale, mêlant verre et charbon, et conserve un parc paysager avec le temple de l’Amour, une folie architecturale rare dans la région.

Le temple de l’Amour, attribué à Jean-François Chalgrin, est un édifice circulaire soutenu par huit colonnes doriques. Construit en 1762, il connut deux répliques en France (Petit Trianon de Versailles et parc Monceau à Paris). Ce monument, classé en 2024 pour ses façades, toitures et fabriques (glacière, statue de Mars et Vénus, grotte, ponts), illustre l’influence des grandes familles industrielles sur le patrimoine architectural et paysager des Hauts-de-France.

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