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Digue de Collignon, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg

Digue de Collignon, ouvrage constitutif de la rade de Cherbourg

    1694 Boulevard de Collignon
    50110 Cherbourg-en-Cotentin
Propriété d’un établissement public intercommunal ; propriété de la commune
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1888
Proposition du projet
1890
Début des travaux
1892
Création de la passe
1894
Achèvement de la digue
15 juillet 2021
Protection patrimoniale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les ouvrages en élévation de la digue de Collignon, ainsi que le port d’accès du fort de l’île Pelée, à l’exclusion des enrochements adjacents, situés sur les parcelles n° 602 BL 1 (digue du fort de l’île Pelée), n° 602 BL 2 (digue de Collignon), n° 602 BL 44 (la Mare) : inscription par arrêté du 15 juillet 2021

Personnages clés

Paul Minard - Ingénieur des travaux hydrauliques Concepteur de la digue de Collignon.
Amiral Krantz - Ministre de la Marine Proposa le projet au président Carnot.
Charles-Maurice Cabart-Danneville - Député de la Manche Initiateur de la passe pour pêcheurs.
Sadi Carnot - Président de la République Visita Cherbourg en 1888.

Origine et histoire

La digue de Collignon, longue de 1 847 mètres, est un élément clé de la rade artificielle de Cherbourg, deuxième plus grande au monde après celle de Ras Laffan. Sa construction, initiée en 1890 et achevée en 1894, répondait à deux objectifs : protéger la rade des incursions de navires torpilleurs et empêcher l'ensablement causé par l'érosion de la côte granitique du Val de Saire. L'ouvrage, conçu par l'ingénieur Paul Minard, est composé d'un enrochement de pierres issues des carrières du Becquet, recouvert de blocs préfabriqués et d'une superstructure en granite de Fermanville et de la Diélette.

La digue intègre une passe de 50 mètres, nommée passe Cabart-Danneville en hommage au député de la Manche qui en défendit la création. Cette ouverture permet aux pêcheurs de se réfugier rapidement dans la rade en cas de tempête. Le projet fut suggéré en 1888 par l'amiral Krantz, alors ministre de la Marine, lors de la visite du président Sadi Carnot. Les travaux, confiés à l'entreprise Collignon, s'inscrivaient dans une série d'aménagements visant à moderniser et sécuriser l'accès maritime à Cherbourg, un port stratégique depuis le XVIIIe siècle.

La rade de Cherbourg, dont la construction débuta en 1783 sous Louis XVI, fut un chantier pharaonique s'étalant sur plus d'un siècle. La digue centrale, achevée en 1853, et les digues Est et Ouest, terminées en 1895, forment un ensemble de plus de 6 km. La digue de Collignon, bien que plus récente, s'intègre dans ce système défensif et logistique conçu pour abriter une flotte militaire et commerciale. Son profil en arc de cercle, reliant la pointe des Grèves à l'île Pelée, illustre l'ingénierie maritime du XIXe siècle, alliant fonctionnalité et résistance aux assauts de la mer.

La rade a joué un rôle clé dans l'histoire navale française, accueillant des événements majeurs comme la visite de la reine Victoria en 1858 ou l'escale du Titanic en 1912. La digue de Collignon, bien que moins médiatisée que la digue du Large, participe à la protection d'un ensemble portuaire qui a résisté aux conflits, y compris lors de la Seconde Guerre mondiale, où les Allemands épargnèrent ses infrastructures. Aujourd'hui, elle reste un témoignage de l'adaptation constante des ouvrages maritimes aux enjeux stratégiques et économiques.

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