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Dolmen de Barbehère

Dolmen de Barbehère


    Saint-Germain-d'Esteuil
Dolmen de Barbehère
Dolmen de Barbehère
Dolmen de Barbehère
Dolmen de Barbehère
Crédit photo : PA - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
3500 av. J.-C.
3400 av. J.-C.
…
0
1800
1900
2000
Néolithique moyen (vers 4000-3000 av. J.-C.)
Construction initiale
1875
Première mention cartographique
1876
Controverse sur le dolmen du Bois Charnier
1904
Fouilles du docteur Jeanty
1987-1991
Fouilles programmées et inscription
28 novembre 1989
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Dolmen de Barbehère (cad. A1 105) : inscription par arrêté du 28 novembre 1989

Personnages clés

J. B. Gassies - Directeur du musée Préhistorique de Bordeaux Mentionne le dolmen en 1875 sous le nom « Bois Charnier ».
François Daleau - Historien local Précise en 1876 la localisation près de Potensac.
Docteur Jeanty - Propriétaire et fouilleur (1904) Entreprend les premières fouilles documentées.
Abbé J. Labrie - Auteur d’un compte-rendu Décrit les artefacts et ossements des fouilles de 1904.
L. Manouvrier - Anthropologue Étudie les ossements (19 individus identifiés).
Marc Devignes - Archéologue Classe le monument comme allée d’Aquitaine atypique.

Origine et histoire

Le dolmen de Barbehère, situé à Saint-Germain-d'Esteuil en Gironde, est une allée couverte mégalithique érigée au Néolithique moyen mais réutilisée jusqu’au Chalcolithique. Son architecture, caractéristique des allées d’Aquitaine, présente une originalité marquée : un tumulus oblong de 20 m de long, une chambre funéraire compartimentée par deux dalles symétriques, et un vestibule étroit. Le monument, initialement identifié comme un « tumulus » sur une carte de 1875, fut fouillé dès 1876, puis étudié au XXe siècle, révélant des traces d’inhumations multiples et un mobilier funéraire varié (pointes de flèches, perles, céramiques).

Les fouilles menées en 1904 par le docteur Jeanty, puis en 1987-1991 lors de campagnes officielles, ont mis au jour plus de 50 000 fragments osseux et 2 000 dents, ainsi que des artefacts attribués à plusieurs cultures néolithiques (Peu-Richardien, Campaniforme). Le monument, inscrit aux Monuments Historiques en 1989, se distingue par l’absence de cairn traditionnel et la possible présence d’ornementations à l’ocre rouge, similaires à des constructions ibériques. Son tumulus, ceinturé de gros blocs, abritait une allée couverte édifiée directement sur le substrat calcaire, avec des dalles en calcaire local extraites à 500 m du site.

La réutilisation prolongée du dolmen est attestée par la diversité du mobilier : outils en silex (armatures, grattoirs), parures en calcaire ou en or, et céramiques datant du Néolithique moyen à l’époque gallo-romaine. Les ossements, en mauvais état, suggèrent environ 80 inhumations, dont 19 individus identifiés (16 hommes, 2 femmes, 1 enfant). Une controverse au XIXe siècle opposa les historiens sur l’existence de deux dolmens distincts (Barbehère et Bois Charnier), avant que les fouilles ne confirment l’unicité du site. Aujourd’hui, il reste le seul dolmen en état du Médoc, témoin des pratiques funéraires et culturelles de l’Aquitaine préhistorique.

Le site, mentionné dès 1875 comme un tumulus, fut victime de fouilles clandestines avant d’être protégé. Les dalles de son allée couverte, décroissantes en hauteur, et sa chambre trapézoïdale en font un exemple hybride entre dolmen et allée couverte, reflétant des influences régionales variées. La découverte d’une hache en pierre polie à l’entrée au début du XXe siècle et les traces d’ocre rouge évoquent des rites funéraires complexes, tandis que les tessons de poterie (dont 333 attribués au Peu-Richardien) confirment son occupation multiculturelle.

L’édifice, construit dans une zone de basses terres à 12 m d’altitude, illustre l’adaptation des communautés néolithiques à leur environnement. Son tumulus, recouvert de blocs calcaires et d’argile sableuse, était probablement polygonal à l’origine. Les fouilles modernes, bien que limitées par l’absence de charbons pour une datation au carbone 14, ont révélé une stratigraphie riche, incluant des éléments protohistoriques et gallo-romains, soulignant la pérennité symbolique du lieu bien au-delà de sa période d’édification.

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