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Dolmen de Kerlescan à Carnac dans le Morbihan

Patrimoine classé
Patrimoine Celtique
Alignement de Menhirs

Dolmen de Kerlescan à Carnac

    Kerlescan
    56340 Carnac
Propriété de l'Etat
Dolmen de Kerlescan à Carnac
Dolmen de Kerlescan à Carnac
Dolmen de Kerlescan à Carnac
Dolmen de Kerlescan à Carnac
Crédit photo : Myrabella - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
0
1800
1900
2000
Néolithique
Construction initiale
1860
Fouilles de Villemeureuil
1867
Étude par Lukis
1887-1888
Restauration et observations
1889
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'alignement et le dolmen (cad. AB 3) : classement par liste de 1889

Personnages clés

M. de Villemeureuil - Fouilleur et descriptif Auteur du premier plan en 1860.
Lukis - Archéologue Étudia le site en 1867, découvrit du mobilier.
Félix Gaillard - Restaurateur et observateur Constata les dégradations en 1887-1888.
M. de Kérenflech - Premier explorateur Fouilles sans résultats connus avant 1860.

Origine et histoire

Le dolmen de Kerlescan, situé à Carnac dans le Morbihan, est un vestige mégalithique daté du Néolithique. D’après les fouilles menées à la fin du XIXe siècle, il s’agissait probablement d’une allée couverte aujourd’hui très dégradée. Le monument était à l’origine recouvert d’un tumulus ovale ou rectangulaire, abritant une structure interne divisée en deux chambres séparées par une cloison percée. Les descriptions de Villemeureuil (1860) et Lukis (1867) révèlent une architecture complexe, avec des orthostates alignés et un péristalithe (pierres dressées en cercle) partiellement conservé.

Les premières explorations, menées par M. de Kérenflech puis M. de Villemeureuil en 1860, n’ont livré aucun mobilier archéologique significatif. Lukis, en 1867, découvrit cependant dans les déblais des fragments de poterie, des pointes de flèche, une hache en fibrolithe et des pendeloques, aujourd’hui conservés au British Museum. Félix Gaillard, en 1887, constata la disparition de nombreuses pierres, réutilisées pour restaurer un moulin local. Le site, restauré vers 1888, fut classé au titre des monuments historiques dès 1889, en même temps que les alignements voisins de Kerlescan.

Les plans anciens décrivent un monument de 16 à 17 mètres de long, divisé en deux espaces par une cloison évidée, suggérant une fonction funéraire ou rituelle. Le tumulus, mesurant jusqu’à 49 mètres de long selon Lukis, était ceint de blocs péristalithes, dont certains furent retrouvés lors des restaurations. L’état actuel du dolmen, très endommagé, ne permet plus d’appréhender son aspect d’origine, mais les fouilles du XIXe siècle en ont préservé une documentation précieuse.

Le mobilier archéologique, bien que limité, offre des indices sur les pratiques néolithiques locales : poteries ornées, outils en silex et parures (pendeloques en cristal de roche ou schiste). Ces objets, associés à l’architecture du monument, suggèrent un site à vocation funéraire ou symbolique, intégré au paysage mégalithique exceptionnel de Carnac. La restauration de 1888 visa à stabiliser les vestiges, mais une partie des matériaux avait déjà disparu, victime de pillages ou de réutilisations.

Aujourd’hui, le dolmen de Kerlescan est protégé au titre des monuments historiques, témoignant de l’importance des sites mégalithiques bretons. Son classement en 1889, contemporain à celui des alignements de Carnac, souligne son rôle dans le patrimoine préhistorique français. Malgré son état fragmentaire, il reste un exemple emblématique des allées couvertes néolithiques, caractéristiques de la région.

Liens externes