Frise chronologique
XIe siècle
Origines médiévales
Origines médiévales
XIe siècle (≈ 1150)
Débuts du domaine par défrichement monastique.
1571–1802
Période seigneuriale
Période seigneuriale
1571–1802 (≈ 1687)
Siège des sieurs d’Échoisy puis marquis.
1764
Première tuilerie
Première tuilerie
1764 (≈ 1764)
Début de l’industrialisation avec four à chaux.
1850
Destruction du château
Destruction du château
1850 (≈ 1850)
Ordonnée par son propriétaire Jean-Auguste Modenel.
1852
Essor industriel
Essor industriel
1852 (≈ 1852)
Ligne Paris-Bordeaux booste la production de chaux.
1956
Abandon de l’usine
Abandon de l’usine
1956 (≈ 1956)
Fin de l’activité face au ciment.
1993
Rachat communal
Rachat communal
1993 (≈ 1993)
Début des travaux de sauvegarde.
1994
Classement historique
Classement historique
1994 (≈ 1994)
Usine et carrière inscrites aux monuments.
2021
Projet Oasis
Projet Oasis
2021 (≈ 2021)
Acquisition par le collectif citoyen.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
| Jean-Auguste Modenel - Propriétaire et maire de Cellettes |
Développa l’usine à chaux en 1851. |
| Claude Bonnefon - Maire de Cellettes |
Initiateur du rachat communal en 1993. |
| Bernard de Clairvaux - Figure religieuse cistercienne |
Soutien à l’implantation monastique au XIIe. |
Origine et histoire
Le domaine d’Échoisy, situé à Cellettes en Charente, occupe l’emplacement d’une ancienne seigneurie attestée dès le XIe siècle. À l’origine, il s’étendait sur 130 hectares, fruit du défrichement de la forêt de Boixe par des paysans et des moines. Les comtes d’Angoulême y accordèrent des terres aux bénédictins de Saint-Amant-de-Boixe, avant qu’un monastère cistercien, soutenu par Bernard de Clairvaux, ne s’y implante. Ce dernier fut ensuite détrôné par les bénédictins, qui y établirent leur prieuré. Le domaine devint une seigneurie active du XVIe au début du XIXe siècle, abritant polyculture, élevage et artisanat (moulins, métier à tisser).
Au XVIIIe siècle, le domaine se modernise avec l’implantation d’une tuilerie (1764) et d’un premier four à chaux, suivi par la construction d’un château vers 1750, détruit en 1850 sur ordre de son propriétaire. L’essor industriel s’accélère avec la ligne Paris-Bordeaux (1852), boostant la production de chaux, réputée nationalement pour sa qualité. En 1851, Jean-Auguste Modenel, maire de Cellettes et notable, achève la destruction du château et développe l’usine, avant son déclin face au ciment dans les années 1950. Le site, abandonné en 1956, est racheté par la commune en 1993 pour être préservé.
Depuis 2021, le collectif citoyen Oasis du Coq à l’Âme gère une partie du domaine, en faisant un laboratoire de transition écologique et sociétale. Le site, inscrit aux monuments historiques depuis 1994 pour ses fours à chaux et sa carrière, allie patrimoine industriel, vestiges médiévaux (chapelle, pigeonnier, moulins) et biodiversité. Les bâtiments, dont un moulin rénové et des dépendances aux pilastres doriques, illustrent les strates architecturales du XIe au XXe siècle. Deux activités agricoles (ferme de spiruline et pédagogique) et une vie associative animent aujourd’hui ce lieu emblématique de la Charente.
Le domaine se divise désormais en deux propriétés distinctes : l’une autour du moulin et de ses gîtes, enjambant la Charente ; l’autre regroupant les fours à chaux, le logis noble, et les vestiges d’un moulin à vent. L’Oasis du Coq à l’Âme y expérimente une gouvernance partagée, l’autonomie alimentaire et la sobriété énergétique, encadrée par un comité scientifique. Ce projet s’inscrit dans le réseau des Oasis portées par le Mouvement Colibris, visant à créer des écolieux résilients et solidaires.