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Domaine d'Échoisy en Charente

Domaine d'Échoisy

    4 Château d'Echoisy
    16230 Cellettes
rosier

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Origines médiévales
1571–1802
Période seigneuriale
1764
Première tuilerie
1850
Destruction du château
1852
Essor industriel
1956
Abandon de l’usine
1993
Rachat communal
1994
Classement historique
2021
Projet Oasis
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Jean-Auguste Modenel - Propriétaire et maire de Cellettes Développa l’usine à chaux en 1851.
Claude Bonnefon - Maire de Cellettes Initiateur du rachat communal en 1993.
Bernard de Clairvaux - Figure religieuse cistercienne Soutien à l’implantation monastique au XIIe.

Origine et histoire

Le domaine d’Échoisy, situé à Cellettes en Charente, occupe l’emplacement d’une ancienne seigneurie attestée dès le XIe siècle. À l’origine, il s’étendait sur 130 hectares, fruit du défrichement de la forêt de Boixe par des paysans et des moines. Les comtes d’Angoulême y accordèrent des terres aux bénédictins de Saint-Amant-de-Boixe, avant qu’un monastère cistercien, soutenu par Bernard de Clairvaux, ne s’y implante. Ce dernier fut ensuite détrôné par les bénédictins, qui y établirent leur prieuré. Le domaine devint une seigneurie active du XVIe au début du XIXe siècle, abritant polyculture, élevage et artisanat (moulins, métier à tisser).

Au XVIIIe siècle, le domaine se modernise avec l’implantation d’une tuilerie (1764) et d’un premier four à chaux, suivi par la construction d’un château vers 1750, détruit en 1850 sur ordre de son propriétaire. L’essor industriel s’accélère avec la ligne Paris-Bordeaux (1852), boostant la production de chaux, réputée nationalement pour sa qualité. En 1851, Jean-Auguste Modenel, maire de Cellettes et notable, achève la destruction du château et développe l’usine, avant son déclin face au ciment dans les années 1950. Le site, abandonné en 1956, est racheté par la commune en 1993 pour être préservé.

Depuis 2021, le collectif citoyen Oasis du Coq à l’Âme gère une partie du domaine, en faisant un laboratoire de transition écologique et sociétale. Le site, inscrit aux monuments historiques depuis 1994 pour ses fours à chaux et sa carrière, allie patrimoine industriel, vestiges médiévaux (chapelle, pigeonnier, moulins) et biodiversité. Les bâtiments, dont un moulin rénové et des dépendances aux pilastres doriques, illustrent les strates architecturales du XIe au XXe siècle. Deux activités agricoles (ferme de spiruline et pédagogique) et une vie associative animent aujourd’hui ce lieu emblématique de la Charente.

Le domaine se divise désormais en deux propriétés distinctes : l’une autour du moulin et de ses gîtes, enjambant la Charente ; l’autre regroupant les fours à chaux, le logis noble, et les vestiges d’un moulin à vent. L’Oasis du Coq à l’Âme y expérimente une gouvernance partagée, l’autonomie alimentaire et la sobriété énergétique, encadrée par un comité scientifique. Ce projet s’inscrit dans le réseau des Oasis portées par le Mouvement Colibris, visant à créer des écolieux résilients et solidaires.

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