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Domaine de Beaurepaire (également sur commune de Martinvast) dans la Manche

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château de style néo-gothique

Domaine de Beaurepaire (également sur commune de Martinvast)

  • Le Château
  • 50690 Martinvast
Château de Beaurepaire à Martinvast
Château de Beaurepaire à Martinvast
Château de Beaurepaire à Martinvast
Château de Beaurepaire à Martinvast
Château de Beaurepaire à Martinvast
Crédit photo : Irina Vuchkova - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
9 Hameau Née 50690 Hardinvast

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1398
Destruction du château féodal
1579-1581
Construction du logis Renaissance
1820-1861
Restauration néogothique
1867
Achat par Arthur de Schickler
1944
Dommages pendant la Seconde Guerre mondiale
1976 et 1992
Classement aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château (cad. A 193) : inscription par arrêté du 27 avril 1976 ; Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments, à l'exclusion des bâtiments contemporains ; obélisque et moulin à vent ; murs d'enceinte avec leurs piliers et grilles ; potager avec ses serres et ses murs ; parc avec l'ensemble de ses aménagements paysagers et hydrauliques (cad. A 160 à 192, 194 à 222, 233, 234, 247 à 250, 253 à 273, 275 à 295, 297 à 312, 314, 316, 317, 345 à 350, 617, 618, 622 à 628, 730, 780) : inscription par arrêté du 28 décembre 1992

Personnages clés

Berthole du Moncel - Seigneur et constructeur Bâtit le logis Renaissance (1579-1581).
Comte Alexandre du Moncel - Restaurateur et modernisateur Reconstruit le château (1820-1861) et agrandit le parc.
Arthur de Schickler - Propriétaire et mécène Agrandit le château en style victorien (1867).
William Henry White - Architecte britannique Conçoit les extensions néogothiques pour Schickler.
Marguerite de Schickler - Propriétaire post-Seconde Guerre mondiale Reconstruit le pavillon Renaissance après 1944.
Christian de Pourtalès-Schickler - Dernier restaurateur Restaure l’aile gauche et ajoute une galerie (années 1990).

Origine et histoire du Château de Beaurepaire

Le château de Beaurepaire, aussi appelé château de Martinvast, trouve ses origines au XVIe siècle (1579-1581) avec la construction d’une demeure Renaissance par Berthole du Moncel, sur les ruines d’un ancien château féodal détruit en 1398 pendant la guerre de Cent Ans. Ce logis conservait un donjon circulaire du XIVe siècle, entouré de douves et de marécages. La seigneurie appartenait alors à la famille de Beaurepaire du Moncel, qui y résida jusqu’au XIXe siècle.

Au début du XIXe siècle, le comte Alexandre du Moncel (1768-1861), héritier du domaine, entreprend une restauration majeure entre 1820 et 1861. Il supprime les douves, draine les marécages, et reconstruit le château dans un style néogothique inspiré de Viollet-le-Duc, tout en conservant le donjon médiéval. Il agrandit également le parc de 156 à plus de 500 hectares, y aménageant un jardin à l’anglaise, des étangs, et une exploitation agricole moderne employant une centaine de personnes. Le domaine accueille même une ferme-école gouvernementale en 1850.

En 1867, le domaine est vendu à Arthur de Schickler, banquier du roi de Prusse, qui fait appel à l’architecte britannique William Henry White pour l’agrandir dans un style « gothique victorien ». White ajoute une galerie nord et une aile reliant le donjon à la construction Renaissance, tandis que le parc est enrichi d’essences exotiques et de massifs floraux dessinés par Levy-Dhurmer. Le château, occupé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, subit des dommages en 1944 : l’aile Renaissance est détruite par un bombardement britannique, et une partie de l’aile néogothique est endommagée par un raid américain.

Après guerre, Marguerite de Schickler, épouse du comte Hubert de Pourtalès, fait reconstruire le pavillon Renaissance, mais non la galerie néogothique. En 1967, leur petit-fils, Christian de Pourtalès-Schickler, restaure l’aile gauche détruite et ajoute une galerie de liaison dans les années 1990. Le domaine, partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1976 et 1992, conserve des éléments remarquables comme un obélisque du XVIIIe siècle, des serres, un moulin à vent, et un parc paysager visité par des personnalités telles que les impératrices Marie-Louise et Eugénie, ou la reine Victoria.

L’intérieur, réaménagé par White pour le baron de Schickler, arbore un style gothico-victorien, avec des décors sculptés comme L’Arche de Noé sur une cheminée. Le parc, d’une centaine d’hectares, comprend des fabriques (dont l’obélisque), des sculptures en marbre, et des essences rares comme des rhododendrons et des camélias. Le domaine a aussi servi de lieu de tournage en 1922 pour le film muet La Dame de Monsoreau.

Liens externes

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