Origine et histoire du domaine de Certes
Le domaine de Certes et Graveyron est un espace naturel protégé situé sur les communes d'Audenge et de Lanton, à l'est du bassin d'Arcachon, dans les Landes de Gascogne. Il couvre 540 hectares, dont 200 hectares en eau, et comprend principalement des bassins saumâtres, des prairies humides, des boisements de feuillus et de résineux, de petits cours d'eau et des roselières. Le Conservatoire du littoral a acquis le domaine de Certes en 1984 et Graveyron en 1998 ; le site, classé « espace naturel sensible », est géré par le Conseil général de la Gironde depuis 1991. Les deux sites, historiquement distincts, ont été constitués dans la seconde moitié du XVIIIe siècle par le marquis de Civrac, captal de Certes, pour étendre sa seigneurie et développer des productions agricoles. Graveyron fut rapidement vendu au marquis d'Arcambal, qui y développa une pêcherie, tandis que Civrac créa la plus grande saliculture du bassin d'Arcachon. La construction de digues d'argile transforma les prés salés de l'île de Branne en domaine endigué protégé du battement des marées ; ces travaux ont exigé le déplacement de deux millions de tonnes de terre. La production de sel atteignit mille tonnes par an dès les premières années ; initialement exempté de taxes, le domaine devint rentable mais la pression des producteurs de Charente entraîna l'introduction d'impositions et le marquis mourut ruiné en 1773. Ernest Valeton de Boissière hérita du domaine de Certes et le transforma en exploitation piscicole ; il était l'ami de Jacques Duvigneau dit Chéri (1833–1902), conseiller général du canton d'Audenge (1871–1892), puis président du Conseil général de la Gironde (1893–1901) et enfin député de la Gironde (1892–1898). Le château, reconstruit vers 1840 par Ernest Valeton de Boissière, a été agrémenté de colonnades ; sa décoration intérieure, réalisée dans les années 1930 dans un style moderne, comprend cheminées, lambris, tissus et papiers peints, carrelages et meubles intégrés aux boiseries. Les vastes haras, datés de 1880, présentent des façades rythmées par des contreforts-pilastres, et l'entrée monumentale du domaine est conçue comme une pergola. Le château et son parc sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques ; partiellement restauré en 2004, il a été ravagé par un incendie en 2010 et est en cours de restauration, son affectation future étant conditionnée aux financements disponibles. Les bâtiments d'exploitation et dépendances abritent l'équipe technique départementale chargée de la gestion écologique, le Conservatoire botanique national sud‑atlantique, le centre de soins de la faune sauvage de la Ligue pour la protection des oiseaux (délégation Aquitaine), un centre de conservation et d'études archéologiques littorales de la DRAC, ainsi qu'un éleveur bovin et ovin contribuant à la gestion des paysages ouverts. La visite du domaine et de son réseau de bassins est libre le long du sentier littoral, avec plus de 19 km accessibles, et le Conseil départemental assure toute l'année l'accueil du public et propose des programmes de découverte variés et gratuits.