Origine et histoire du domaine de Grenouillon
Le domaine de Grenouillon, situé à Moutiers-sous-Argenton, trouve ses origines dès 1025, où le fief est mentionné dans des textes historiques. Le site actuel, structuré autour de deux cours fermées en enfilade, reflète une organisation typique des domaines seigneuriaux. La première cour abrite la ferme et un pigeonnier, tandis que la seconde, partiellement entourée de douves, renferme le logis principal et ses dépendances. Ce logis, de forme allongée, s’articule autour d’un escalier central et inclut un pavillon quadrangulaire au nord. Les façades, notamment celle à l’est, présentent des éléments architecturaux du XVIIIe siècle, comme une porte plein cintre moulurée et sculptée de pilastres.
À l’intérieur, le domaine conserve des traces d’époques variées : certaines portes en accolade pourraient dater du Moyen Âge, mais la majorité des aménagements (boiseries peintes, cheminées en faux marbre) remontent aux XVIIIe et XIXe siècles. Le jardin, attesté depuis au moins le XVIIIe siècle, occupe la moitié ouest du domaine. Clos de murs, il se compose d’un potager, d’une charmille et d’allées de buis dessinant une géométrie rigoureuse. Ce jardin, tout comme les façades, les toitures, les douves et les cours, a été protégé par un arrêté d’inscription en 1992, soulignant son importance patrimoniale.
Le domaine, aujourd’hui propriété privée, n’est accessible au public qu’à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Son organisation spatiale, mêlant fonctions agricoles, résidentielles et ornements paysagers, illustre l’évolution des domaines ruraux entre le XVIIe et le XIXe siècle. Les remaniements des baies à l’ouest et les aménagements intérieurs témoignent des adaptations successives du bâti, tandis que la présence de douves rappelle son origine défensive ou symbolique, typique des fief médiévaux transformés en résidences d’agrément.