Origine et histoire du domaine de la Seiglière
Le domaine de la Seiglière, situé à Saint-Louis-de-Montferrand en Gironde, est un ensemble architectural composé d’un logis, de dépendances et d’un parc, implanté en bordure de la Garonne. Mentionné dès le XVIIIe siècle sous le nom de la Côte de Caillou, il appartenait alors à des parlementaires bordelais avant de passer, au XIXe siècle, entre les mains du magistrat M. de la Seiglière, qui lui donna son nom actuel. Les bâtiments, organisés autour d’une cour et d’un jardin, datent majoritairement du 2e quart du XVIIIe siècle, bien que certains éléments, comme les vestiges d’une métairie ou un logis remanié, pourraient remonter au XVIIe, voire au XVIe siècle.
Le logis principal, construit en pierre de taille et couvert de tuiles creuses, se distingue par son fronton cintré et ses décors intérieurs (lambris, cheminées, stucs) datant de la fin du 2e quart du XVIIIe siècle. Les dépendances, incluant chais et logements, ont subi des remaniements au XIXe siècle, notamment la reconstruction du logement près du portail d’entrée et des parties du chai. Le domaine, partiellement détruit par une tempête en 1999, a vu certains éléments restaurés, comme le mur de clôture orné de fausses baies. Son inscription aux monuments historiques en 1987 protège une demeure emblématique du patrimoine girondin.
L’organisation spatiale du domaine reflète son usage passé : une allée parallèle à la route mène à la cour, où logis, chai et logements s’articulent autour d’un puits et de portails ornés de pilastres. À l’est, un jardin s’étendait autrefois jusqu’à un embarcadère près du portail sud, témoignant de son lien avec la Garonne, voie de communication majeure. Les décors extérieurs, comme les bandes à bossages ou les amortissements en boule, ainsi que les toits à longs pans, illustrent les styles architecturaux des XVIIIe et XIXe siècles. Les intérieurs, distribués par un couloir ou en enfilade, conservent des éléments d’origine, bien que la partie occidentale ait été remaniée à la fin du XIXe siècle.
Le domaine de la Seiglière incarne l’évolution d’une propriété rurale liée à l’élite bordelaise. Au XVIIIe siècle, les parlementaires en firent une résidence de campagne, tandis qu’au XIXe siècle, M. de la Seiglière, magistrat, y apporta des modifications significatives. Les vestiges d’une métairie ancienne et les traces de remaniements successifs soulignent son histoire complexe, entre héritage médiéval et adaptations modernes. Aujourd’hui, bien que certaines dépendances soient en mauvais état, le site reste un témoignage architectural et historique de la Gironde, marqué par son inscription patrimoniale.