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Domaine de San Salvadour à Hyères dans le Var

Domaine de San Salvadour

    4312 Route de l'Almanarre
    83400 Hyères
Propriété de la commune
Crédit photo : Auteur inconnuUnknown author - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1872-1880
Construction du château
1902
Rachat par Sœur Candide
1903
Ouverture de l’hôpital marin
1905
Construction de l’hôtel thermal
1922
Acquisition par la Ville de Paris
1990
Protection partielle du domaine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château, avec son décor peint, y compris la terrasse sud ; façades et toitures, hall d'entrée et grand escalier de l'hôtel proprement dit ; façades et toitures des écuries et du pigeonnier ; sol du parc (cad. H2 190, 193 à 195) : inscription par arrêté du 23 août 1990

Personnages clés

Auguste Parent - Industriel belge et premier propriétaire Commanditaire initial du château en 1872.
Edmond Magnier - Journaliste et maire d’Hyères Achève la construction avant de revendre en 1902.
Sœur Candide (Jeanne Foresti) - Religieuse et fondatrice de l’Œuvre d’Ormesson Transforme le domaine en sanatorium pour enfants.
Paul Page - Architecte de l’hôtel thermal Conçoit l’hôtel en 1905, inspiré des stations balnéaires.
Ernest Paugoy - Architecte présumé du château Attribué comme maître d’œuvre entre 1872 et 1880.

Origine et histoire

Le domaine de San Salvadour est édifié entre 1872 et 1880 pour Auguste Parent, industriel belge, sous la direction probable de l’architecte Ernest Paugoy. Destiné à un prince de la famille Napoléon, le château fastueux, entouré d’un parc de 20 hectares avec écuries, colombier et serre, est achevé sous la propriété d’Edmond Magnier, maire d’Hyères, qui l’acquiert en 1875 avant de le revendre en 1902, ruiné.

En 1902, Sœur Candide (Jeanne Foresti), religieuse et fondatrice de l’Œuvre d’Ormesson, rachète le domaine grâce à des mécènes et des loteries. Elle y installe un sanatorium pour enfants des classes moyennes, d’abord dans le château, puis dans un hôpital marin construit en 1903 en bord de mer pour l’hydrothérapie. Pour financer son projet, elle tente sans succès d’exploiter des sources d’eaux lithinées, puis fait construire en 1905 un hôtel de 130 chambres par l’architecte Paul Page, inspiré des stations balnéaires comme Tamaris-sur-Mer.

L’hôtel, desservi par une gare créée en 1905, connaît un succès éphémère. Sœur Candide, accusée de malversations financières, est emprisonnée en 1912. Pendant la Première Guerre mondiale, le domaine est réquisitionné pour les troupes coloniales, puis abandonné jusqu’en 1922. Cette année-là, la Ville de Paris l’acquiert pour l’Assistance Publique, qui en fait un hôpital pour enfants atteints de maladies pulmonaires ou de rachitisme. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert d’hôpital militaire (500 lits) sous la Croix-Rouge.

Le parc botanique, réservé aux patients, et les bâtiments historiques (château, hôtel, écuries, colombier) sont partiellement protégés depuis 1990. Aujourd’hui, l’hôpital San Salvadour, géré par l’AP-HP, se spécialise dans la prise en charge des enfants, adolescents et adultes polyhandicapés, perpétuant sa vocation médicale initale.

L’architecture du domaine mêle un château néo-classique, un hôtel de style balnéaire et des aménagements paysagers (escaliers en rocaille, allées sinueuses). Le colombier, en brique et pierre, arbore des baies néo-gothiques et une voûte catalane. Le sanatorium marin, séparé du parc par la route de l’Almanarre, illustre l’évolution des soins par l’hydrothérapie au début du XXe siècle.

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