Origine et histoire
Le domaine de Sceaux trouve son essor sous l’impulsion de Jean‑Baptiste Colbert à partir de 1670, qui fait aménager le parc par André Le Nôtre et étendre la propriété. Le château élevé entre 1673 et 1674, peut‑être avec l’intervention de Claude Perrault et orné par Charles Le Brun, a été démoli à la fin du XVIIIe siècle. Le pavillon de l'Aurore, construit à la fin du XVIIe siècle, est une rotonde éclairée par six grandes fenêtres carrées, flanquée de deux avant‑corps et coiffée d’un dôme demi‑circulaire dont la coupole a été peinte par Le Brun. L’orangerie, édifiée entre 1675 et 1686 et construite en pierre de taille, servait d’espace d’exposition pour les tableaux de Colbert ; elle a été amputée d’environ vingt‑cinq mètres en 1871. Le petit château, datant du début du XVIIe siècle et racheté par Colbert en 1680, fut notamment utilisé par la duchesse du Maine pour l’éducation de ses enfants. Le château actuel, de style Louis‑XIII, a été construit entre 1856 et 1858 pour le duc de Trévise d’après des projets d’Auguste‑Théophile Quantinet et sous la conduite de l’architecte Joseph‑Michel Le Soufaché. Le pavillon de Hanovre, édifié au XVIIIe siècle, a été transféré dans le parc en 1932 ; ses boiseries proviennent de la maison de Mademoiselle Guimard et ont été déposées à Sceaux en 1969. L’histoire du site remonte au XVe siècle avec une première demeure du seigneur Jean Baillet, puis à la fin du XVIe siècle avec la construction d’un château pour Louis Potier, seigneur de Gesvres. Colbert étend le domaine à une centaine d’hectares et confie à des artistes et architectes renommés l’aménagement des jardins et des bâtiments ; son fils, le marquis de Seignelay, complète l’œuvre en creusant notamment le grand canal et en faisant bâtir l’orangerie par Jules Hardouin‑Mansart. Après la Révolution le domaine est pillé et vendu à un exploitant privé, puis le château est démoli pour la vente des matériaux. Au XIXe siècle la famille de Trévise reconstruit et replante le parc sur les tracés de Le Nôtre, avant que le département n’acquière le domaine en 1923, ne lotisse une partie des franges pour financer les travaux, et ne lance une importante restauration confiée à l’architecte Léon Azéma et au paysagiste Jean‑Claude Nicolas Forestier. Parmi les éléments hérités de l’Ancien Régime figurent l’axe menant de la route d’Orléans à l’entrée d’honneur avec ses douves et pavillons de garde, le pavillon de l'Aurore, l’orangerie de Mansart, les écuries et certains bâtiments de ferme, ainsi que les principaux axes du parc, le grand canal et le bassin de l’Octogone. Le parc abrite de nombreuses sculptures anciennes ou de copies et moulages d’antique, ainsi que des œuvres modernes, parmi lesquelles des groupes autrefois attribués à Coysevox mais désormais rapprochés de Jean‑Baptiste Théodon, des sculptures de René Letourneur et des pièces contemporaines comme une œuvre de Claude Lalanne ; plusieurs originaux sont conservés dans l’orangerie. Le château, situé à cheval sur les communes de Sceaux et d’Antony, accueille depuis 1937 les collections du musée de l’Île‑de‑France, rebaptisé en 2013 musée du domaine départemental de Sceaux. Le parc, d’une superficie totale de 181 hectares (121 ha à Sceaux et 60 ha à Antony), est propriété départementale et ouvert au public tous les jours du lever au coucher du soleil. Il accueille des activités pédagogiques et sportives, des manifestations culturelles et festives, ainsi que des lieux de mémoire récemment inaugurés, et a fait l’objet d’opérations de restitution des parterres et d’aménagements contemporains, dont la reconstitution de broderies de buis en 2013‑2014 et la création d’une passerelle sur le canal de l’Octogone. Le domaine de Sceaux conserve ainsi des témoignages significatifs de son riche passé architectural et paysager, tout en restant un espace vivant de loisirs et de culture.