Patrimoine classé
"Le château en totalité, notamment les aménagements et les décors intérieurs (sols, murs, plafonds, peintures murales, sculptures décoratives et l'ensemble des créations de Charles Suisse), les toiles marouflées de Charles Lameire dans la chapelle haute, les cheminées et leurs décors de carreaux vernissés, les boiseries portes et fenêtres, les volets intérieurs et leur quincaillerie, les vitraux, les carrelages de Charles Suisse, les caches radiateurs, la cuisinière de la cuisine, l'autel de la chapelle, la superstructure du puits, la statue de la Vierge de la tour dite " de la Vierge " ; en totalité, les dépendances notamment les stalles des écuries, la tour-porche, le local de la pompe et son mécanisme, le tennis, le parc, y compris les sols et les vestiges archéologiques, notamment les ruines de l'ancien château qu'ils comprennent (cad. B 518, 729 à 731, 1252, 1253) : inscription par arrêté du 3 avril 2013 - Le château et ses dépendances, y compris le parc, les sols et les vestiges archéologiques qu'ils contiennent (cad. B 730, 731, 1252, 1253), tels qu'ils sont délimités en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 1er avril 2014"
Personnages clés
| Alexandre de Bourgogne - Seigneur de Montaigu |
Reconstruit le château vers 1180. |
| Régnier Pot - Chambellan du duc de Bourgogne |
Acheteur en 1403, donne le nom « La Rochepot ». |
| Charles Suisse - Architecte en chef |
Dirige la restauration (1894-1906). |
| Sadi Carnot (fils) - Colonel et historien |
Entreprend la restauration (1894-1927). |
| Cécile Carnot - Épouse du président Carnot |
Achète les ruines en 1893. |
| Cardinal de Retz - Propriétaire au XVIIe siècle |
Hérite puis revend le château. |
Origine et histoire du Château de la Rochepot
Le château de La Rochepot, initialement nommé « Château de La Roche Nolay », est un édifice du XIIe siècle, remanié au XVe puis entièrement reconstruit au XIXe siècle. Il est situé à La Rochepot, en Côte-d’Or, à 15 km de Beaune. Son architecture gothique-bourguignonne et ses tuiles vernissées emblématiques en font un symbole du patrimoine local. Les vestiges du premier château, incendié ou abandonné, subsistent encore dans la forêt environnante.
Au XIIe siècle, Alexandre de Bourgogne, fils du duc Hugues III, reconstruit le château sur les ruines d’un édifice antérieur. Le site reste lié aux familles bourguignonnes des Thil et Frôlois, avant de passer aux mains de Régnier Pot en 1403, qui lui donne son nom actuel. Ce dernier, chambellan du duc Philippe II de Bourgogne, y développe la culture du pinot noir, conformément à une ordonnance ducale de 1395. Le château reste dans la famille Pot jusqu’au XVIe siècle, avant de passer aux Montmorency, puis aux Gondi, dont le cardinal de Retz.
La Révolution française marque un tournant : le château, renommé « La Roche Fidèle », est vendu comme bien national en 1799 et partiellement démoli. En 1893, Cécile Carnot, veuve du président Sadi Carnot, acquiert les ruines et les offre à son fils, le colonel Sadi Carnot. Ce dernier entreprend une restauration ambitieuse de 1894 à 1927, s’inspirant du style médiéval du XVe siècle. L’architecte Charles Suisse, inspiré par Viollet-le-Duc, reconstitue le château avec des éléments décoratifs originaux, comme des sculptures et des peintures murales.
Le domaine, classé Monument Historique en 2013 et 2014, inclut le château, ses dépendances, un vignoble et un parc. En 2015, il est racheté par un groupe d’investisseurs ukrainiens, mais des difficultés financières et judiciaires compromettent son avenir. Deux ventes aux enchères, dont une en 2021, dispersent une partie de son mobilier historique, suscitant des craintes pour la préservation de son identité patrimoniale.
L’architecture du château, triangulaire avec des tours rondes et carrées, s’inspire de modèles médiévaux locaux comme Châteauneuf-en-Auxois. Les décors intérieurs, incluant des tapisseries, des vitraux et des carreaux vernissés, sont des créations originales de Charles Suisse et de ses collaborateurs, comme le peintre Charles Lameire. Les ponts-levis et les éléments défensifs, reconstruits, rappellent son passé de forteresse.
Aujourd’hui, le château de La Rochepot incarne à la fois un témoignage de l’histoire médiévale bourguignonne et un exemple marquant des restaurations historicistes du XIXe siècle. Son avenir reste incertain, entre projets de valorisation touristique et risques de transformation en résidence privée, mettant en péril son intégrité historique et culturelle.