Origine et histoire
Le château de Saint-Jean-de-Beauregard, situé dans le département de l’Essonne en Île-de-France, trouve ses origines en 1612, lorsque François Dupoux, conseiller du roi Louis XIII, entreprend sa construction sur les ruines de Montfaucon. Ce dernier, de réputation sinistre, est renommé Beauregard par ordre royal, marquant ainsi la naissance de Saint-Jean-de-Beauregard. Le domaine passe ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires influents, dont François Garnier (1638), Pierre de La Mouche (1669), et surtout Laurent Charron, receveur général des Domaines, qui le transforme profondément dans les années 1760. Son épouse, Françoise Matagon, en fait une résidence secondaire jusqu’à sa mort en 1768.
Au XIXe siècle, le parc évolue partiellement vers un style anglais sous l’impulsion de Françoise-Mélanie Charron et de son époux, le comte Victor-Amédée d’Auberjon. Le domaine, classé Monument Historique en 1926 puis 1993, conserve des éléments architecturaux majeurs : un corps central en grès du XVIIe siècle, des communs avec pigeonnier et orangerie, ainsi qu’un potager du XVIIIe toujours en activité. La chapelle, construite entre 1825 et 1839, remplace un édifice religieux antérieur. Le château, restauré après 1878 par le duc de Caraman, reste aujourd’hui propriété de ses descendants.
Le domaine illustre l’évolution des goûts aristocratiques, mêlant classicisme français et influences paysagères anglaises. Son histoire reflète aussi les mutations sociales, depuis sa fonction agricole originelle (colombier, basses-cours) jusqu’à son ouverture actuelle au public, avec des événements comme le festival L’Interfillières. Le label Jardin remarquable souligne la valeur patrimoniale de ses 2 hectares de jardins, entre terrasses à la française et compositions pittoresques.
L’origine du nom Beauregard viendrait de la vue exceptionnelle offerte depuis les terrasses sur la vallée de la Salmouille, un panorama qui aurait séduit les premiers occupants. Le domaine, accessible depuis Paris via l’A10 ou la RN118, se situe à 25 km au sud-ouest de la capitale, dans l’ancienne province de Hurepoix. Son inscription au titre des monuments historiques protège aujourd’hui l’intégralité de son enceinte, y compris la grande allée d’accès.
Architecturalement, le château se distingue par ses pavillons saillants à deux étages, ses toits en ardoise, et l’utilisation combinée de grès et de brique (aujourd’hui recouverte d’enduit). Les communs, en meulière et grès, abritent des éléments fonctionnels comme le colombier aux boulins conservés. Le parc, partiellement redessiné au XIXe siècle, conserve cependant ses grands tracés d’origine, témoignant de la dualité entre héritage classique et adaptations romantiques.