Origine et histoire
Le domaine du château de Lapenty, initialement lié au château de Saint-Symphorien-des-Monts, trouve ses origines au XIIIe siècle avec la construction d’un premier château fort ceint de fossés et doté d’un donjon carré, seul vestige encore visible aujourd’hui. Ce donjon, accompagné d’une chapelle, témoigne de l’architecture défensive médiévale. Au fil des siècles, le site évolua, notamment avec la construction d’un nouveau château en 1620 par la famille de Vauborel, de style Louis XIII, caractérisé par ses seize fenêtres, son escalier à double révolution et ses pavillons reliés par des balustrades en granit.
La Révolution française marqua un tournant pour le domaine : saisi en 1793 après l’émigration de son propriétaire, Charles Marie du Bourblanc d’Apreville, et la mort d’Antoine Anne Nicolas de Géraldin, le château fut temporairement transformé en mairie. L’inventaire de 1793, détaillé avec précision, révèle un intérieur somptueux, incluant mobilier luxueux, œuvres d’art, et des dépendances fonctionnelles (écuries, boulangerie, forge). Le domaine abritait alors une vie seigneuriale active, avec des domestiques, des artisans, et une exploitation agricole complète (étables, porcherie, colombier).
Au XIXe siècle, le parc fut aménagé en jardin à l’anglaise vers 1830, tandis que le château, détruit par un incendie en 1916, ne fut jamais reconstruit. Ses ruines, jugées dangereuses, furent rasées en 1971 pour permettre l’ouverture du parc au public. Ce dernier, transformé en parc animalier et floral sous le nom d’Eden Parc en 1971 par le comte Charles-Édouard de Miramon, abritait des espèces rares et des arbres centenaires. La tempête de 1999 causa d’importants dégâts, entraînant sa fermeture jusqu’à sa réouverture partielle en 2012 pour des événements culturels.
Le parc, inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques, s’étend sur 63 hectares (dont 10 ouverts au public) et comprend des éléments remarquables comme l’allée couverte des Cartésières (classée en 1977), une chaumière du XVIe siècle, et la ferme de la Basse-Cour (inscrite en 2005). Les propriétaires successifs, des familles nobles comme les Mahé, les de Vauborel, les Géraldin, et les du Bourblanc, ont marqué son histoire, tandis que des figures comme Nicolas Géraldin (acquéreur en 1708) ou Antoine Anne Nicolas de Géraldin (dernier seigneur avant la Révolution) illustrent son prestige.
L’architecture du château du XVIIe siècle, décrite dans les archives, révélait un édifice orienté au sud, avec une cour d’honneur encadrée de pavillons et un intérieur richement meublé (salons, chapelle, cuisines équipées, bibliothèques). Les dépendances, comme les écuries abritant des carrosses armoriés ou la boulangerie avec ses réserves de céréales, reflétaient une organisation seigneuriale autonome. Aujourd’hui, le domaine est un témoignage de ce passé, où se mêlent vestiges médiévales, paysages romatiques, et mémoire des familles aristocratiques normandes.
Les seigneurs du domaine, dont les Mahé (XVe–XVIe siècles) et les de Vauborel (XVIIe siècle), ont laissé des traces dans les armoiries et les pierres tombales de l’église locale. La devise « Dinam » des du Bourblanc ou « Atavis et armis » des Cassagnes de Beaufort rappelle leur héritage militaire et noble. Après la Révolution, le domaine passa entre les mains de familles comme les de Rougé (XIXe–XXe siècles), avant d’être transformé en lieu de visite, mêlant patrimoine historique et nature préservée.