Destruction des menhirs VIIe au XIIe siècle (≈ 1250)
Période de destruction volontaire des menhirs, attestée par des datations radiocarbone.
1825
Première description
Première description 1825 (≈ 1825)
Le chanoine Mahé décrit pour la première fois le site et mentionne trois menhirs visibles.
1976
Incendies révélateurs
Incendies révélateurs 1976 (≈ 1976)
Les incendies permettent la redécouverte de pierres masquées par la végétation.
16 juin 1997
Inscription monument historique
Inscription monument historique 16 juin 1997 (≈ 1997)
Le site est inscrit au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
4540 BP ± 80
Construction Néolithique
Construction Néolithique 4540 BP ± 80 (≈ 4540)
Datation radiocarbone indiquant la construction des menhirs au Néolithique moyen.
Patrimoine classé
Ensemble du site comprenant les mégalithes en élévation ou non, ainsi que le terrain sur lequel ils sont établis (sol et sous-sol) sur la totalité des parcelles AH 50 à 55, 84, 85 ; AK 1 à 11 ; AL 159 à 165 : inscription par arrêté du 16 juin 1997
Personnages clés
Chanoine Mahé
Auteur de la première description connue du site en 1825.
Yannick Lecerf
Archéologue ayant mené les fouilles programmées de 1989 à 1996.
Origine et histoire du domaine mégalithique
Le site mégalithique des Pierres Droites, situé à Monteneuf (Morbihan), constitue un vaste ensemble de menhirs et de monolithes répartis sur le versant sud d'un plateau culminant à 140 m d'altitude. Les fouilles et prospections ont mis au jour environ 42 menhirs concentrés sur un hectare et quelque 420 monolithes répartis sur 7,5 hectares, tous en schiste pourpre d'origine locale. Les blocs présentent des formes variées — quadrangulaires, fusiformes ou informes — et ont été dressés selon des dispositifs divers : en lignes parfois non parallèles, en regroupements, sur tumulus oblongs, avec calages constitués de couronnes de pierres, de fosses ou de structures plus complexes. Dans la plupart des cas, les grandes faces des menhirs sont orientées nord-sud, à deux exceptions près, et de légers décalages observés au nord d'une ligne de référence n'excèdent jamais un mètre. Aucune pierre ne porte de gravure.
Les carrières d'extraction périphériques ont révélé les modes de taille et de mise en œuvre : cuvettes creusées dans les affleurements en tirant parti des diaclases du schiste, traces linéaires interprétées comme chemins de convoyage et aires damées correspondant vraisemblablement à des zones de manutention où étaient utilisés des systèmes de levage. Le site a fait l'objet d'une destruction volontaire : de nombreux blocs ont été renversés dans des tranchées creusées au préalable ou débités sur place, les fragments étant laissés sur place et présentant parfois des traces d'outils métalliques. Le caractère généralisé et simultané des dégâts implique l'intervention d'une main-d'œuvre importante et traduit une intention délibérée de destruction complète.
L'occupation du site remonte au Néolithique : des tessons de poterie et du matériel lithique (éclats et nucleus de silex, percuteurs en grès) en témoignent, et deux datations radiocarbone (4540 BP ± 80 et 4340 BP ± 50) placent la construction dans le Néolithique moyen à final. D'autres datations radiocarbone (1310 BP ± 50, 1210 BP ± 75 et 980 BP ± 50) peuvent correspondre aux périodes de destruction identifiées, comprises entre le VIIe et le XIIe siècle selon l'interprétation des résultats. Le mobilier archéologique, peu abondant, comprend en outre une poterie de l'âge du Bronze découverte dans une petite fosse et une hache à talon en bronze extraite d'une carrière.
La route actuelle D776 figure sous le nom de « route des Pierres Droites » sur le cadastre napoléonien, et la première description connue du site remonte à 1825 par le chanoine Mahé, qui mentionnait trois menhirs visibles alors dans la lande. Les incendies de 1976 ont permis la réapparition de pierres auparavant masquées par la végétation. Les fouilles programmées menées de 1989 à 1996 sous l'égide de la DRAC par Yannick Lecerf, suivies de prospections annuelles depuis 2014, ont considérablement renouvelé la connaissance du site. Le site a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 16 juin 1997 et intégré en 2013 à la réserve naturelle régionale des landes de Monteneuf. Après les campagnes de fouilles, les travaux de restauration ont consisté à redresser des menhirs et à aménager un sentier d'interprétation pour la valorisation et la médiation.