Inscription aux Monuments Historiques 16 juin 1997 (≈ 1997)
Protection de l'ensemble du site.
2013
Intégration à la réserve naturelle
Intégration à la réserve naturelle 2013 (≈ 2013)
Landes de Monteneuf classées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
4540–4340 BP (Néolithique moyen/final)
Construction du site
Construction du site 4540–4340 BP (Néolithique moyen/final) (≈ 4510)
Datations carbone 14 des fosses de calage.
Patrimoine classé
Ensemble du site comprenant les mégalithes en élévation ou non, ainsi que le terrain sur lequel ils sont établis (sol et sous-sol) sur la totalité des parcelles AH 50 à 55, 84, 85 ; AK 1 à 11 ; AL 159 à 165 : inscription par arrêté du 16 juin 1997
Personnages clés
Chanoine Mahé - Premier descriptif écrit
Mentionne sept menhirs en 1825.
Yannick Lecerf - Archéologue responsable des fouilles
Dirige les campagnes de 1989 à 1996.
Origine et histoire
Le domaine mégalithique des Pierres droites de Monteneuf, situé dans le Morbihan, est un site exceptionnel regroupant 42 menhirs et près de 400 monolithes en schiste pourpre local. Contrairement à sa dénomination d'« alignement », la majorité des pierres ne sont pas alignées mais réparties selon des logiques variées : lignes non parallèles ou regroupements sans organisation apparente. Les blocs, de formes diverses (quadrangulaires, fusiformes ou informes), ont été extraits de carrières locales, où des cuvettes et diaclases naturelles ont été exploitées. Des traces linéaires et des aires damées suggèrent l'utilisation de rails en bois et de chevalets pour leur transport et leur dressage.
La première mention écrite du site remonte à 1825 par le chanoine Mahé, qui n'évoque alors que sept ou huit menhirs visibles. Ce n'est qu'après les incendies de 1976, révélant des pierres cachées par la végétation, que l'ampleur du site est redécouverte. Entre 1989 et 1996, Yannick Lecerf mène des fouilles systématiques sous l'égide de la DRAC, mettant au jour des fosses de calage, des tumulus oblongs, et des traces de destruction volontaire. Les datations au carbone 14 placent la construction entre le Néolithique moyen et final (vers 4500 BP), tandis que des indices de destruction (outils métalliques, tranchées) suggèrent une destruction organisée entre le VIIe et le XIIe siècle.
Le site, inscrit aux monuments historiques en 1997 et intégré à la réserve naturelle régionale des landes de Monteneuf en 2013, a été restauré après les fouilles. Les menhirs ont été redressés, et un sentier d'interprétation a été aménagé pour valoriser ce patrimoine. Aucune gravure n'a été relevée sur les pierres, mais des artefacts (poteries néolithiques, hache en bronze de l'Âge du bronze) attestent d'une fréquentation prolongée. Le site, dépourvu de fonction funéraire ou domestique, se distingue par son organisation spatiale répondant à des contraintes géologiques et topographiques, avec une orientation générale est/ouest.
La destruction du site semble avoir été méthodique : les pierres ont été renversées dans des tranchées ou brisées sur place, sans déplacement des fragments. L'utilisation d'outils métalliques et l'ampleur des dégâts indiquent une volonté délibérée d'effacement, mobilisant une main-d'œuvre importante. Malgré cette destruction, les carrières d'extraction, les chemins de convoyage, et les systèmes de calage (couronnes de pierres, fosses) offrent un témoignage rare des techniques néolithiques de mégalithisme. Le site reste un exemple unique de conservation in situ des vestiges, des carrières aux aires de manutention.
Aujourd'hui, le domaine des Pierres droites est à la fois un site archéologique protégé et un espace naturel préservé. Les prospections annuelles depuis 2014 complètent les connaissances acquises lors des fouilles des années 1990. Son intégration à une réserve naturelle souligne son double intérêt patrimonial et écologique, tandis que sa médiation permet au public de découvrir les savoir-faire préhistoriques et les mystères entourant sa destruction.
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