Frise chronologique
1359
Première mention médiévale
Première mention médiévale
1359 (≈ 1359)
Vente de la terre à Pierre d’Orgemont.
1574
Changement de famille
Changement de famille
1574 (≈ 1574)
Jossigny passe aux Robert par cession.
1704
Mariage des Leconte
Mariage des Leconte
1704 (≈ 1704)
Alliance transmettant Jossigny aux Leconte des Graviers.
1752-1753
Reconstruction du château
Reconstruction du château
1752-1753 (≈ 1753)
Mansart de Sagonne édifie l’actuel château rocaille.
1753
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1753 (≈ 1753)
Œuvre de Mansart de Sagonne pour Leconte.
1787
Décès de Claude-François Leconte
Décès de Claude-François Leconte
1787 (≈ 1787)
Transmission du château à son fils aîné.
1942
Classement monument historique
Classement monument historique
1942 (≈ 1942)
Protection des façades, toitures et parc.
23 décembre 1942
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 décembre 1942 (≈ 1942)
Protection des façades, toitures et parc.
1949
Don à l’État
Don à l’État
1949 (≈ 1949)
Legs du baron Guy de Roig.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures des dépendances (orangerie, écuries, communs, colombier et maison des lierres) ; le parc avec ses murs de clôture ; les façades et toitures de la maison de la Roberde et les deux allées du Levant et du Couchant formant la perspective de l'édifice ; le château : classement par arrêté du 23 décembre 1942
Personnages clés
| Claude-François Leconte des Graviers - Commanditaire et conseiller |
Propriétaire et initiateur des travaux. |
| Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne - Architecte du roi |
Concepteur du château en 1753. |
| Nicolas Pineau - Ornemaniste rocaille |
Décoration intérieure et extérieures. |
| Charles-Étienne Briseux - Théoricien de l’architecture |
Auteur du traité ayant inspiré Jossigny. |
| Pierre d’Orgemont - Conseiller du roi (XIVe) |
Premier propriétaire médiéval connu. |
| Baron Guy de Roig - Dernier propriétaire privé |
Donateur du château à l’État. |
Origine et histoire
Le château de Jossigny, édifié en 1753 pour Claude-François Leconte des Graviers, conseiller au Parlement de Paris, est une réalisation majeure de l’architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier héritier de la dynastie des Mansart. Situé à 32 km à l’est de Paris, il illustre parfaitement les principes du traité L’Art de bâtir des maisons de campagne (1743) de Charles-Étienne Briseux, tout en incarnant le charme et le pittoresque du style rocaille. Le domaine, avec ses façades à pans concaves et convexes et sa couverture en pagode, témoigne aussi de l’influence des ornemanistes comme Nicolas Pineau, identifié comme co-auteur de certains éléments décoratifs.
La terre de Jossigny, acquise au Moyen Âge par Cyprien de Freil, bourgeois de Lagny-sur-Marne, passa entre les mains de familles parisiennes influentes via des alliances matrimoniales. Au XVIe siècle, les Bragelongue, noblesse de robe, en devinrent propriétaires, avant que le domaine ne soit transmis aux Leconte des Graviers au début du XVIIIe siècle. C’est sous Claude-François Leconte, après 1752, que le château du XVIIe siècle fut reconstruit, grâce à des opportunités financières et des relations proches avec Mansart de Sagonne, architecte également impliqué dans des projets pour la comtesse d’Argenson.
Classé monument historique en 1942, le château fut donné à l’État en 1949 par le baron Guy de Roig, tout en restant sous usufruit jusqu’en 1975. Aujourd’hui géré par le Centre des monuments nationaux, il conserve une distribution intérieure inspirée des plans de Briseux, avec un rez-de-chaussée privilégié et un escalier aux rampes en fer forgé rappelant celles de l’hôtel de Marsilly (1739). Son parc, ses dépendances et ses allées complètent cet ensemble architectural, symbole du raffinement du siècle des Lumières.
L’architecture de Jossigny révèle une synthèse unique entre les influences françaises, comme les décors rocaille, et des éléments germaniques, liés aux origines de l’épouse de Leconte, Marie-Eléonore Wiebbeking, ainsi qu’aux commandes de Mansart de Sagonne pour le duc des Deux-Ponts. Les couvertures en pagode et les frontons brisés, typiques des chinoiseries en vogue, contrastent avec la rigueur classique naissante, faisant de ce château un jalon entre rocaille et néoclassicisme.
Le domaine, organisé autour d’une cour bordée d’une orangerie et d’écuries, reprend la disposition des bâtiments du XVIIe siècle, avec trois pavillons centraux flanqués de deux ailes latérales (chapelle et cuisine). Les façades, inspirées des planches 25 et 29 de Briseux, évitent la copie servile pour une interprétation personnelle, où le jeu des volumes convexes et concaves souligne la virtuosité de Mansart de Sagonne. Ce dernier y exprime son goût pour une architecture plastique, hiérarchisée et dynamique, caractéristique de sa période mature.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site des monuments nationaux ci-dessus.