Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Domaine d'Yville à Barneville-sur-Seine dans l'Eure

Eure

Domaine d'Yville

    1 Maison du Parc
    27310 Barneville-sur-Seine
Domaine dYville
Domaine dYville
Domaine dYville
Domaine dYville
Domaine dYville
Domaine dYville
Domaine dYville
Domaine dYville
Crédit photo : Paubry - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1708
Construction du château
1717
Interruption des travaux
1723
Reprise des travaux
1931
Classement partiel
1943
Occupation militaire
2002
Classement du domaine
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Voir commune de : Yville-sur-Seine (Seine-Maritime)

Personnages clés

François Le Menu de Lanoé - Propriétaire initial Entrepreneur des travaux en 1708, faillite en 1717.
John Law de Lauriston - Propriétaire éphémère Financier en banqueroute, propriétaire de 1720 à 1723.
Jean-Prosper Goujon de Gasville - Propriétaire et mécène Achève la construction entre 1723 et 1735.
Jean-Jacques Martinet - Architecte Dirige les travaux de 1723 à 1735.
Michel Frances - Restaurateur moderne Rachète et restaure le domaine dans les années 1980.
Arnauld de Maurès de Malartic - Maire et propriétaire Reçoit André Tardieu en 1931.

Origine et histoire

Le château d'Yville, édifié en 1708 sur la commune d'Yville-sur-Seine (Seine-Maritime), remplace un manoir médiéval détruit la même année. Ses plans sont attribués à Jules Hardouin-Mansart, mais les travaux, initiés par François Le Menu de Lanoé, s’interrompent en 1717 en raison de sa faillite. Le domaine passe alors entre les mains de figures controversées, comme le financier John Law de Lauriston (1720-1723), avant d’être acquis par Jean-Prosper Goujon de Gasville, intendant de Rouen, qui achève sa construction entre 1723 et 1735 sous la direction de l’architecte Jean-Jacques Martinet.

La demeure, construite en pierre calcaire locale, brique et pan de bois, intègre des éléments luxueux comme une rampe en fer forgé pour l’escalier, commandée en 1766 à Louis Gérome Hegaux. Le domaine inclut aussi une chapelle du XIIIe siècle, remaniée et située à 150 pieds du château, ainsi qu’un parc et un parc à gibier s’étendant jusqu’à Barneville-sur-Seine (Eure). Au XVIIIe siècle, il devient la résidence de la famille Goujon de Gasville, puis passe aux Maurès de Malartic au XXe siècle, avant d’être restauré dans les années 1980 par Michel Frances.

Le château joue un rôle militaire pendant la Seconde Guerre mondiale, servant de poste de commandement à la 21e puis à la 9e Panzerdivision en 1943. Classé monument historique en 1931 pour le bâti et en 2002 pour l’ensemble du domaine (parc, clôtures, perspectives), il illustre l’évolution architecturale et sociale de la Normandie, mêlant héritage seigneurial, spéculation financière et occupations militaires. Aujourd’hui propriété privée, il reste un exemple remarquable du patrimoine normand du XVIIIe siècle, marqué par des influences classiques et des matériaux locaux.

L’histoire du domaine reflète aussi les aléas économiques de ses propriétaires : des faillites successives (Le Menu de Lanoé, John Law) aux restaurations ambitieuses, comme celle menée par Michel Frances dans les années 1980-1990. La présence d’un parc à gibier, situé dans l’Eure, souligne l’étendue historique du domaine, qui transcende les limites départementales actuelles. Les descriptions architecturales, comme celles de Gilles Hue, révèlent des détails techniques, tels que les 66 pieds de façade ou les réparations des communs, témoignant d’un projet initial ambitieux mais inachevé.

Enfin, le château d’Yville incarne un lieu de pouvoir et de réception : en 1931, Arnauld de Maurès de Malartic, alors maire, y accueille le ministre de l’Agriculture André Tardieu. Cet épisode, comme l’occupation allemande, rappelle son ancrage dans les événements nationaux, tout en conservant son caractère de résidence privée, aujourd’hui détenue par un propriétaire anglais depuis 1997.

Liens externes