Crédit photo : Jean-Marie Hullot - Sous licence Creative Commons
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Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1770-1772
Construction du pavillon
Construction du pavillon 1770-1772 (≈ 1771)
Réalisé par Ledoux pour Madame du Barry.
2 septembre 1771
Inauguration par Louis XV
Inauguration par Louis XV 2 septembre 1771 (≈ 1771)
Souper, théâtre et feu d’artifice.
1774
Abandon du projet de château
Abandon du projet de château 1774 (≈ 1774)
Mort de Louis XV.
1793
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire 1793 (≈ 1793)
Bien national après guillotine de Du Barry.
1929
Reconstruction par François Coty
Reconstruction par François Coty 1929 (≈ 1929)
Déplacement et armature moderne.
7 septembre 1945
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 7 septembre 1945 (≈ 1945)
Protection intégrale du pavillon.
2002-2005
Restauration par la Fondation Dumeste
Restauration par la Fondation Dumeste 2002-2005 (≈ 2004)
Réouverture au public en 2005.
juillet 2025
Acquisition par Xavier Niel
Acquisition par Xavier Niel juillet 2025 (≈ 2025)
Changement de propriétaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pavillon de musique de la du Barry : inscription par arrêté du 7 septembre 1945
Personnages clés
Madame du Barry - Commanditaire et favorite de Louis XV
Initiatrice du pavillon et mécène.
Claude-Nicolas Ledoux - Architecte
Concepteur du pavillon néo-palladien.
Louis XV - Roi de France
Présent à l’inauguration en 1771.
Jean-Honoré Fragonard - Peintre rococo
Auteur des *Quatre Instants de l’Amour*.
François Coty - Parfumeur et mécène
Reconstruit le pavillon en 1929.
Julienne Dumeste - Industrielle et philanthrope
Restauration et ouverture au public.
Origine et histoire
Le pavillon de musique, aussi appelé pavillon Ledoux, fut édifié entre décembre 1770 et janvier 1772 à Louveciennes (Yvelines) sur commande de Madame du Barry, dernière favorite de Louis XV. Conçu par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, alors en début de carrière, ce pavillon néo-palladien fut choisi malgré les avis défavorables d’autres architectes comme Ange-Jacques Gabriel. Son emplacement en surplomb de la Seine offrait une vue panoramique de 180°, de Paris jusqu’aux terrasses de Saint-Germain-en-Laye. Les travaux, dirigés par les entrepreneurs Lefaivre et Couesnon, furent réalisés en neuf mois seulement, avec des sculptures extérieures signées Feuillet et Métivier.
L’inauguration eut lieu le 2 septembre 1771 en présence de Louis XV, avec une pièce de théâtre, un souper en musique et un feu d’artifice. Les intérieurs, décorés par les plus grands artistes de l’époque, incluaient des bronzes ciselés par Pierre Gouthière et Pierre Deumier, des toiles de François Boucher (comme Le Couronnement de Flore), et des panneaux de Jean-Honoré Fragonard, dont Les Quatre Instants de l’Amour — finalement refusés par la comtesse et aujourd’hui exposés à la Frick Collection de New York. Des bustes de Madame du Barry et du roi, sculptés par Jean-Jacques Caffieri et Jean-Baptiste Lemoyne, ainsi que des boiseries dorées par Honoré Guibert, complétaient ce décor somptueux.
En 1773, satisfaire de son pavillon, Madame du Barry commanda à Ledoux les plans d’un grand château destiné à l’envelopper, mais la mort de Louis XV en 1774 interrompit le projet. Après la Révolution, la comtesse, guillotinée en 1793, vit ses biens confisqués. Le pavillon changea plusieurs fois de mains au XIXe siècle, subissant des transformations majeures : adjonction de combles mansardés en 1871, puis déplacement de 15 mètres en 1929 par François Coty, qui le reconstruit à l’identique avec une armature en acier et béton, sauvant ainsi l’édifice de sa dégradation avancée.
Au XXe siècle, le pavillon fut acquis par l’École américaine de Paris (1958), puis par Victor Moritz (1971), qui y organisa des réceptions avec des personnalités comme Valéry Giscard d’Estaing. En 1990, Julienne Dumeste, industrielle du meuble, le céda à sa fondation, qui entreprit une restauration complète entre 2002 et 2005 pour l’ouvrir au public. Classé Monument Historique en 1945, le pavillon fut cependant fermé en 2019 et mis en vente via Sotheby’s. En juillet 2025, il est acquis par Xavier Niel.
Architecturalement, le pavillon est considéré comme l’une des réalisations les plus abouties de Ledoux, illustrant le néo-palladianisme. Son plan original comprend une entrée en abside semi-circulaire, une salle à manger carrée flanquée de deux demi-cercles, et une enfilade de trois salons ouvrant sur la Seine. Les transformations ultérieures (surélévation, déplacement, création de dépendances sousterraines par Coty) altérèrent partiellement l’œuvre initiale, mais les restaurations successives ont préservé son essence.
Les décors intérieurs, partiellement dispersés (comme les boiseries transférées à l’hôtel de Saint-Florentin à Paris), témoignent du faste du XVIIIe siècle. Les toiles commandées à Joseph-Marie Vien, plus néoclassiques, remplacèrent celles de Fragonard. Aujourd’hui, le pavillon, bien que fermé au public depuis 2019, reste un symbole du patrimoine artistique et architectural français, mêlant histoire royale, audace technique et vicissitudes patrimoniales.
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