Installation rue d'Ulm 1847 (≈ 1847)
Inauguration des bâtiments actuels.
1937
Extension des laboratoires
Extension des laboratoires 1937 (≈ 1937)
Construction rue Lhomond.
1985
Fusion avec l'ENS de Sèvres
Fusion avec l'ENS de Sèvres 1985 (≈ 1985)
Mixité effective et modernisation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures extérieures et intérieures d'origine comprenant les pavillons en ressaut, notamment celui de la façade principale côté rue d'Ulm ; vestibules d'entrée ouest et est, avec monument aux Morts ; boiseries de l'entrée de l'ancienne chapelle au premier étage sud ; bibliothèque ; pavillon sur la rue d'Ulm avec l'ancien bureau de Pasteur ; façades et toitures des bâtiments de Guilbert (1930-1937) sur la rue Erasme (cad. 05 : 03 BD 44) : inscription par arrêté du 14 novembre 1994
Personnages clés
Joseph Lakanal - Fondateur de l'ENS en 1794
Conventionnel à l'origine du projet.
Alphonse de Gisors - Architecte des bâtiments
Conçoit le campus rue d'Ulm en 1847.
Louis Pasteur - Scientifique emblématique
A travaillé dans les laboratoires de l'ENS.
Monique Canto-Sperber - Directrice controversée
Gestion des crises (2011).
Georges Pompidou - Ancien élève et président
Symbole du lien ENS-pouvoir politique.
Lucien Herr - Bibliothécaire et dreyfusard
Dirige la bibliothèque des lettres (1888-1926).
Origine et histoire
L’École normale supérieure (ENS) de Paris, dite « de la rue d’Ulm », est fondée en 1794 par la Convention nationale sous l’impulsion de Joseph Lakanal et Garat, dans le cadre de la réforme éducative révolutionnaire. Son objectif initial est de former des enseignants pour diffuser un savoir homogène sur le territoire national, en réponse aux bouleversements de la Terreur. Les cours inauguraux, dispensés entre janvier et mai 1795 au Muséum d’histoire naturelle, réunissent des figures majeures comme Monge, Berthollet, ou Bernardin de Saint-Pierre. Cette première expérience, bien qu’éphémère, pose les bases d’un modèle pédagogique ambitieux, mêlant sciences et humanités.
L’ENS est recréée sous le nom de « pensionnat normal » en 1808 par Napoléon, avant d’être supprimée en 1822 pour ses tendances libérales. Elle renaît en 1826 sous le nom d’« École préparatoire », puis devient définitivement l’« École normale supérieure » en 1845. En 1847, elle s’installe rue d’Ulm, dans des bâtiments conçus par l’architecte Alphonse de Gisors, sur l’emplacement d’un ancien couvent. Le site, agrandi en 1937 avec des laboratoires rue Lhomond, symbolise l’alliance entre tradition républicaine et modernité scientifique. L’école, décorée de la Légion d’honneur et de la croix de guerre 1914-1918, incarne l’excellence académique française.
Au XXe siècle, l’ENS s’adapte aux évolutions sociales et scientifiques. En 1903, elle est rattachée à l’Université de Paris, puis obtient son autonomie en 1953. La mixité, effective en 1985 après la fusion avec l’ENS de Sèvres (fondée en 1881 pour les jeunes filles), marque un tournant. L’école diversifie ses recrutements, avec des concours pour les classes préparatoires, les étudiants universitaires, et une sélection internationale. Ses anciens élèves, dont 14 prix Nobel et 11 médailles Fields, illustrent son rayonnement. Aujourd’hui, l’ENS forme 2 700 étudiants, dont des normaliens, mastériens et doctorants, dans 15 départements couvrant lettres et sciences.
Le campus historique de la rue d’Ulm, classé monument historique en 1994, abrite des bibliothèques renommées, comme celle des lettres (800 000 volumes) ou des sciences sociales, héritière du Centre de documentation sociale fondé par Célestin Bouglé. La cour aux Ernests, ornée de bustes d’hommes illustres et de sa fontaine emblématique, est un lieu de mémoire. Les bâtiments, conçus pour la recherche (laboratoires de Pasteur, fresques de Fournier), reflètent l’évolution architecturale et pédagogique de l’école. L’ENS, membre de l’université PSL, reste un symbole de l’exigence républicaine et de l’innovation intellectuelle.
L’ENS joue un rôle clé dans la recherche internationale, avec des partenariats comme l’Institut d’études avancées ou les chaires Blaise-Pascal. Ses conférences (cycle « Ernest »), éditions (Rue d’Ulm), et portails numériques (Savoirs-ENS) diffusent les savoirs au-delà de ses murs. Malgré des controverses, comme l’affaire du collectif Palestine en 2011, elle maintient son statut d’institution d’excellence. Son modèle a inspiré des écoles normales à l’étranger, comme celle de Pise, fondée en 1810. Aujourd’hui, l’ENS allie héritage révolutionnaire et adaptation aux défis contemporains, de la parité à l’interdisciplinarité.
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