Frise chronologique
1900
Création de l'édicule
Création de l'édicule
1900 (≈ 1900)
Conçu par Hector Guimard pour la CMP.
27 juillet 1965
Première protection
Première protection
27 juillet 1965 (≈ 1965)
Inscrit aux Monuments Historiques.
1972
Démontage initial
Démontage initial
1972 (≈ 1972)
Retiré de la station Hôtel de Ville.
1974
Réinstallation à Abbesses
Réinstallation à Abbesses
1974 (≈ 1974)
Déplacé après création d’un parking.
12 février 2016
Nouvelle protection
Nouvelle protection
12 février 2016 (≈ 2016)
Arrêté renouvelant son inscription.
2025
Modernisation des quais
Modernisation des quais
2025 (≈ 2025)
Ajout de séparateurs de voies.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Hector Guimard - Architecte |
Créateur de l’édicule Art Nouveau en 1900. |
| Édouard Ballière - Conseiller municipal |
Proposa l’extension de la ligne en 1905. |
| Louis Barthou - Homme politique |
Déclara d’utilité publique l’extension en 1908. |
Origine et histoire
L’édicule Guimard de la station Abbesses est un accès en fer forgé et verre, conçu en 1900 par l’architecte Hector Guimard pour la Compagnie du Métropolitain de Paris. À l’origine installé à la station Hôtel de Ville (ligne 1, rue de Lobau), il fut inscrit aux Monuments Historiques en 1965, puis démonté en 1972 pour laisser place à un parking souterrain. Son style Art Nouveau, surnommé « libellule » pour sa verrière caractéristique, contraste avec l’esthétique sobre des stations de l’ancienne ligne Nord-Sud, comme Abbesses, où il fut réinstallé en 1974.
La station Abbesses, ouverte en 1913 sur la ligne A du réseau Nord-Sud (devenue ligne 12 en 1931), est la plus profonde de Paris intra-muros, à −36 mètres sous terre. Son édicule Guimard, bien que foreign à l’histoire initiale de la station, y fut transplanté pour sa valeur patrimoniale. Une plaque rappelle cette anomalie historique : le Nord-Sud, concurrent de la CMP, utilisait des balustrades en fer forgé et céramique, bien plus sobres. L’édicule, protégé à nouveau en 1978 et 2016, incarne aujourd’hui le mélange des héritages architecturaux du métro parisien.
L’accès à la station, unique et situé place des Abbesses, combine escalier fixe et ascenseurs pour pallier sa profondeur exceptionnelle. Les fresques des escaliers en colimaçon, renouvelées en 2006 après des dégradations, célèbrent Montmartre, quartier emblématique où la station s’inscrit. L’édicule Guimard, avec sa structure en fonte et ses motifs végétaux, reste un témoignage rare des entrées Art Nouveau du métro, malgré son déplacement tardif. Son inscription successive aux Monuments Historiques souligne son importance dans le patrimoine industriel et artistique français.
La station Abbesses elle-même, avec ses quais décorés de faïences « Nord-Sud » (marron et bleu, motifs géométriques), illustre l’identité visuelle de l’ancienne compagnie. Les tympans indiquent encore les directions d’origine (Porte de la Chapelle, Porte de Versailles), tandis que la voûte surbaissée rappelle les contraintes techniques liées aux anciennes carrières de gypse de la butte. En 2025, l’ajout de séparateurs de voies a modernisé la station, sans altérer son caractère historique.
Au-delà de son rôle fonctionnel, la station Abbesses est devenue un lieu culturel : elle apparaît dans des films comme Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) ou des clips musicaux (Sexion d’Assaut, Birdy Nam Nam). Son édicule Guimard, pièce maîtresse du patrimoine parisien, attire autant pour son esthétique que pour son histoire mouvementée, symbolisant l’évolution du métro et de ses usages, entre transport et mémoire collective.