Construction de l'immeuble 1913-1914 (≈ 1914)
Initiée par Patrizio Rogolini dans le quartier Carnier.
1917-1920
Décoration des façades et escalier
Décoration des façades et escalier 1917-1920 (≈ 1919)
Première phase des travaux ornementaux.
1928
Achèvement des décors intérieurs
Achèvement des décors intérieurs 1928 (≈ 1928)
Date portée sur un décor d'appartement.
26 février 2018
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 26 février 2018 (≈ 2018)
Protection des façades et appartements conservés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties suivantes de l’immeuble dénommé Villa Juturne : les façades et les toitures ; l’ensemble des parties communes (vestibule d’entrée, cage d’escalier et dégagements attenants aux différents niveaux) ; en totalité, l’appartement sud du rez-de-chaussée dans périmètre d’origine ; l’appartement ayant conservé son décor au troisième étage ; situées 22 avenue du Général-de -aulle à Beausoleil, anciennement cadastrées section D numéro 104p et figurant au cadastre rénové sur la parcelle AE n°201, telles que délimitées par un liseré rouge sur les plans annexés : inscription par arrêté du 26 février 2018.
Personnages clés
Patrizio Rogolini - Commanditaire et peintre
A conçu les plans et nommé l'immeuble.
Jean-Baptiste Sovera - Entrepreneur local
Responsable de la construction.
Origine et histoire
La Villa Juturne, construite entre 1913 et 1914 dans le quartier de Carnier à Beausoleil, fut initiée par Patrizio Rogolini, qui y réserva le rez-de-chaussée pour sa famille. L’immeuble, conçu comme un projet locatif ambitieux, comportait cinq étages sur un soubassement de deux niveaux, offrant vingt logements identiques destinés aux hivernants. Son nom rend hommage à Juturne, nymphe éponyme de la fille de Rogolini. La construction fut confiée à l’entrepreneur local Jean-Baptiste Sovera, tandis que Rogolini en dessina probablement les plans.
Les décors intérieurs et extérieurs de la Villa Juturne furent réalisés en plusieurs phases : les façades et la cage d’escalier entre 1917 et 1920, et les appartements vers 1928, comme en témoignent des inscriptions sur les décors conservés. L’appartement familial du rez-de-chaussée et les parties communes se distinguaient par des peintures murales omniprésentes, inspirées de répertoires variés (mythologie classique, art gothique, Renaissance, baroque, symbolisme). Les étages, plus sobres, arboraient des motifs floraux stylisés limités aux plafonds et frises.
L’édifice illustre une approche innovante pour l’époque, combinant fonction locative et ambition esthétique. Ses plafonds en carton et staffs, exécutés dans des styles historicistes, reflètent l’éclectisme artistique de Rogolini, lui-même peintre. Classée Monument Historique en 2018, la Villa Juturne protège aujourd’hui ses façades, toitures, parties communes, ainsi que deux appartements conservant leur décor d’origine, situés au 22 avenue du Général-de-Gaulle.
La localisation de la Villa Juturne, dans les Alpes-Maritimes, s’inscrit dans le développement urbain de Beausoleil au début du XXe siècle, marqué par l’afflux de touristes hivernants. Ce contexte explique le programme immobilier audacieux de Rogolini, alliant confort moderne et références artistiques pour séduire une clientèle aisée. L’immeuble reste un témoignage rare de cette période, où architecture et décoration intérieure fusionnaient pour créer des espaces à la fois fonctionnels et symboliques.