Frise chronologique
vers 1050
Construction de l'église
Construction de l'église
vers 1050 (≈ 1050)
Édifice roman initial avec nef unique.
fin XIe siècle
Ajout de la tour carrée
Ajout de la tour carrée
fin XIe siècle (≈ 1195)
Agrandissement probable de l’édifice.
début XIIe siècle
Peintures murales réalisées
Peintures murales réalisées
début XIIe siècle (≈ 1204)
Décoration intérieure de fresques romanes.
1288
Première mention écrite
Première mention écrite
1288 (≈ 1288)
Acte citant un chapelain de l’église.
XIIIe-XIVe siècle
Modifications architecturales
Modifications architecturales
XIIIe-XIVe siècle (≈ 1450)
Prolongement nef, clocher-mur, chapelle latérale.
1561
Rattachement à Ille-sur-Têt
Rattachement à Ille-sur-Têt
1561 (≈ 1561)
Perte du statut paroissial.
1789-1799
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789-1799 (≈ 1794)
Transformée en entrepôt agricole.
vers 1840
Découverte du calice et reliques
Découverte du calice et reliques
vers 1840 (≈ 1840)
Objets donnés au musée de Cluny.
1953
Redécouverte des fresques
Redécouverte des fresques
1953 (≈ 1953)
Marcel Durliat alerte sur leur valeur.
mars 1954
Vol des peintures murales
Vol des peintures murales
mars 1954 (≈ 1954)
Arrachées par l’antiquaire Marcel Simon.
6 juin 1955
Classement monument historique
Classement monument historique
6 juin 1955 (≈ 1955)
Protection légale de l’édifice.
1978
Réapparition des fresques en Suisse
Réapparition des fresques en Suisse
1978 (≈ 1978)
Exposition au musée de Genève.
1990
Rachat par la commune
Rachat par la commune
1990 (≈ 1990)
Début des travaux de restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Marcel Durliat - Historien et expert en art roman |
A redécouvert les fresques en 1953. |
| Marcel Simon - Antiquaire controversé |
A volé les peintures en 1954. |
| Joseph-Sébastien Pons - Poète local du XXe siècle |
A célébré Casenoves dans ses écrits. |
| Alfred Darcel - Conservateur au musée de Cluny |
A étudié le calice découvert. |
| Ramon Joan - Prêtre et chapelain (1288) |
Premier mentionné dans les archives. |
Origine et histoire
L’église Saint-Sauveur de Casesnoves, située à Ille-sur-Têt dans les Pyrénées-Orientales, est un édifice roman construit vers 1050. Son architecture modeste, avec une nef unique et un chevet semi-circulaire, reflète son origine médiévale. Le village de Casesnoves, aujourd’hui abandonné, était implanté sur un cône de déjection près de la rivière Têt, dans une zone de transition entre les falaises et la plaine fertile du Roussillon.
Au XIe siècle, l’église est érigée en deux phases possibles : une première construction, suivie d’une surélévation avant la fin du siècle. Une tour carrée est ajoutée peu après. Au début du XIIe siècle, l’intérieur est orné de peintures murales, aujourd’hui disparues mais redécouvertes en 1953 par l’historien Marcel Durliat. Ces fresques, d’une qualité exceptionnelle, déclenchent une polémique en 1954 lorsqu’elles sont arrachées et vendues illégalement par un antiquaire, Marcel Simon.
L’église subit plusieurs modifications entre les XIIIe et XIVe siècles : la nef est prolongée, un clocher-mur est ajouté, et une chapelle latérale est construite au nord. Le village de Casesnoves, en déclin dès le XIVe siècle, voit sa paroisse rattachée à Ille-sur-Têt en 1561. Pendant la Révolution, l’édifice, vendu comme bien national, devient un entrepôt agricole. En 1840, un calice en étain du XIIe ou XIIIe siècle et une boîte à reliques y sont découverts, puis donnés au musée de Cluny.
En 1955, l’église est classée monument historique, mais les peintures, volées, réapparaissent en Suisse en 1978 lors d’une exposition. Après des procès, la commune d’Ille-sur-Têt rachète l’édifice en 1990 et entreprend sa restauration. Les fresques, acquises légalement par la fondation Abegg, restent en Suisse. L’église, aujourd’hui consolidée, témoigne de l’art roman catalan et des tumultes de son histoire.
Le site, entouré autrefois d’un cimetière, illustre aussi l’évolution des paysages roussillonnais, entre terres alluviales dédiées aux vergers et plateaux couverts de landes. Son isolement actuel contraste avec son rôle passé de lieu de culte et de rassemblement pour une communauté rurale en déclin dès le Moyen Âge tardif.