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Eglise à Huiron dans la Marne

Marne

Eglise

    1 Impasse des Capucins
    51300 Huiron
Eglise
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Crédit photo : October Ends - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1063
Fondation du prieuré
1134
Conversion en abbaye
1348
Alliance avec Montiéramey
1550 et 1563
Saccages huguenots
1665
Réforme bénédictine
1915
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : classement par arrêté du 31 décembre 1915

Personnages clés

Roger III - Évêque de Châlons Fonda le prieuré bénédictin en 1063.
Geoffroy - Évêque de Châlons Convertit le prieuré en abbaye (1134).
Lucien III et Urbain III - Papes Confirmèrent l’abbaye et autorisèrent l’église paroissiale (1187).
François Ier - Roi de France Intervint dans l’élection de l’abbé en 1523.
Jean Desjours - Abbé d’Huiron Élu malgré l’opposition royale en 1523.
Simon Charmet - Abbé d’Huiron Rendit un aveu des biens au roi (1464).

Origine et histoire

L’abbaye Saint-Martin d'Huiron, fondée au XIe siècle, fut d’abord un prieuré bénédictin établi en 1063 par l’évêque Roger III de Châlons sur une colline dominant le village. Les dons des seigneurs locaux, comme Guido ad Barbam et Hugues de Bar, permirent son développement. En 1134, l’évêque Geoffroy en fit une abbaye régulière, confirmée par les papes Lucien III et Urbain III en 1187, qui autorisèrent la construction d’une église paroissiale adossée au monastère.

Au Moyen Âge, l’abbaye prospéra grâce à des alliances avec des familles nobles (Arzillières, Dampierre) et des institutions comme l’abbaye de Montiéramey (1348). Elle acquit des terres, des églises environnantes (Blacy, Charmont), et géra même une léproserie jusqu’au XVIIe siècle. Les conflits religieux des XVIe et XVIIe siècles marquèrent son histoire : saccages par les huguenots en 1550 et 1563, destruction partielle des cloîtres et des autels, et exil temporaire des moines.

La Réforme bénédictine fut introduite en 1665 sous l’influence de la congrégation de Saint-Vanne. À la Révolution, l’abbaye comptait une dizaine de religieux et 5 000 livres de revenus. L’église abbatiale, devenue paroissiale, fut classée monument historique en 1915. Ses nefs, datant des XVe et XVIe siècles, témoignent de son architecture médiévale tardive. Des rituels singuliers, comme des processions dans les cuisines ou les écuries, y étaient pratiqués jusqu’à sa dissolution.

L’abbaye joua un rôle spirituel et temporel majeur en Champagne, avec des droits de patronage sur seize églises locales et des fermes. Ses abbés, parfois nommés par commende (comme après le Concordat de Bologne), gérèrent des biens dispersés, incluant une maison de refuge à Vitry-en-Perthois. Les conflits avec les seigneurs locaux (procès pour la justice d’Oyron en 1280) et les crises religieuses (guerres de Religion) illustrent son histoire mouvementée.

Les sources mentionnent aussi des liens avec la noblesse champenoise : Thibaut II de Champagne offrit des terres à Huiron, tandis que Henri Ier le Libéral confirma ces dons. En 1464, l’abbé Simon Charmet rendit un aveu des biens de l’abbaye au roi, révélant son influence régionale. La léproserie du mont Morêt, annexée en 1330 pour mauvaise gestion, fut plus tard confiée aux Carmélites (1678).

Liens externes