Origine et histoire
L’église Notre-Dame d’Épiais-Rhus, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, est un édifice Renaissance construit entre 1570 et 1590 sous la direction du maître-maçon Nicolas Le Mercier. Son style dépouillé, marqué par des influences gothiques persistantes (voûtes d’ogives, nervures pénétrantes), rompt avec les réalisations ornées de la Renaissance régionale. L’église, d’une homogénéité rare pour l’époque, fut probablement financée par la famille de Montmorency, dont les armes figurent sur la clé de voûte du transept. Son clocher, inspiré de celui de Chars, se distingue par sa coupole en pierre ornée de lanternons, tandis que l’intérieur abrite un retable baroque du XVIIe siècle et une frise sculptée des Apôtres et Évangélistes, similaire à celle d’Ennery.
Classée Monument Historique en 1911, l’église reflète la transition entre gothique et Renaissance, avec un plan cruciforme symétrique, une nef voûtée d’ogives, et un chœur à abside pentagonale. Le portail occidental, ajouté vers 1621 par Denis Le Mercier (frère ou neveu de Nicolas), et les vitraux du XVIIe siècle (dont des fragments datés de 1642) complètent son patrimoine. À l’extérieur, l’appareil en pierre de taille et l’absence d’ornementation superflue soulignent sa sobriété, tandis que le clocher, élément le plus abouti, domine le village implanté sur une butte.
L’histoire de la paroisse remonte à 1161, avec Notre-Dame comme patronne principale et saint Didier de Langres comme second patron. Sous l’Ancien Régime, la cure dépendait de l’abbaye Saint-Quentin de Beauvais (diocèse de Rouen). La paroisse d’Épiais absorba celle de Rhus lors de la Révolution, héritant de son mobilier, dont un antependium du XVe siècle et des statues classées. Aujourd’hui affiliée à la paroisse d’Avernes et Marines, l’église, bien que peu utilisée pour les offices (3 messes annuelles), conserve un mobilier remarquable : 18 éléments classés, dont le retable, des statues des XVe–XVIIe siècles, et des bâtons de procession du XVIIIe.
L’architecture intérieure, sobre mais structurée, repose sur des grandes arcades en plein cintre, des chapiteaux doriques, et des voûtes à nervures pénétrantes. Le transept, aux croisillons carrés, et le chœur, orné d’un faux triforium, illustrent l’influence gothique persistante. La frise des Apôtres, disposée comme un balcon au-dessus du maître-autel, est une rareté iconographique dans la région, tandis que les vitraux, réduits à des grisailles et médaillons, reflètent l’esthétique post-Tridentine. L’ensemble, restauré en 1782 (date gravée sur une clé de voûte), témoigne d’une volonté de modernité architecturale sans excès décoratifs.
Le site, situé au cœur du Parc naturel régional du Vexin français, bénéficie d’une terrasse aménagée pour compenser la dénivelée du terrain. La place de l’Église, en contrebas, met en valeur l’édifice, visible de loin grâce à son implantation sur un flanc de butte. Bien que le chevet soit enclavé dans des propriétés privées, les élévations sud et ouest offrent une vue dégagée sur les volumes épurés et la coupole du clocher, inspirée de Saint-Maclou de Pontoise. L’absence de bas-côtés autour du chœur et du transept permet un jeu de corniches dédoublées, renforçant l’effet visuel des deux niveaux d’élévation.