Construction du clocher roman vers 1140 (≈ 1140)
Partie la plus ancienne de l’église.
1187
Fondation attribuée à Raoul de Clermont
Fondation attribuée à Raoul de Clermont 1187 (≈ 1187)
Date contestée par Eugène Müller.
fin XIIe – début XIIIe siècle
Ajout des grandes arcades gothiques
Ajout des grandes arcades gothiques fin XIIe – début XIIIe siècle (≈ 1325)
Transition vers le style gothique primitif.
limite XVe–XVIe siècle
Construction du chœur flamboyant
Construction du chœur flamboyant limite XVe–XVIe siècle (≈ 1650)
Abside à pans coupés et bas-côtés.
1740
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef 1740 (≈ 1740)
Voûtement en style flamboyant anachronique.
2 avril 1927
Classement monument historique
Classement monument historique 2 avril 1927 (≈ 1927)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 2 avril 1927
Personnages clés
Raoul de Clermont - Comte de Clermont
Fondateur présumé en 1187.
Jeanne de Châtillon - Veuve de Gaucher de Châtillon
Dona le bois de Hez-Froidmont en 1251.
Saint-Louis - Roi de France
Confirma le droit d’usage du bois en 1259.
Eugène Müller - Historien de l’architecture
Contesta la date de 1187 pour le clocher.
Louis Graves - Historien local
Cita la fondation par Raoul de Clermont.
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-la-Nativité de La Neuville-en-Hez, située dans l’Oise (Hauts-de-France), est un édifice aux influences architecturales variées. Son clocher roman, datant d’environ 1140, est la partie la plus ancienne, tandis que les grandes arcades de la nef, déjà gothiques, remontent à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle. Le chœur, de style gothique flamboyant, fut construit à la charnière des XVe et XVIe siècles, marquant une transition stylistique majeure. La nef et les bas-côtés, reconstruits en 1740 dans un style flamboyant anachronique pour l’époque, illustrent une volonté locale de cohérence esthétique.
L’histoire de l’église est liée à la famille des comtes de Clermont, notamment Raoul de Clermont, cité comme fondateur potentiel en 1187 par Louis Graves, bien que cette date soit contestée par Eugène Müller en faveur de 1140. Au XIIIe siècle, la cure fut transférée de Courlieu à La Neuville-en-Hez, sous l’influence des comtes, avec des bulles pontificales (1249–1269) officialisant ce changement. Jeanne de Châtillon, veuve et fille de la comtesse Mahaut, offrit en 1251 un droit d’usage perpétuel du bois de Hez-Froidmont pour le chauffage et les constructions, confirmé par Saint-Louis en 1259.
Le monument a subi plusieurs remaniements, notamment au XIVe siècle (reconstruction des croisillons en style rayonnant) et au XVIIIe siècle (voûtement de la nef en style flamboyant, façade classique achevée en 1790). Classée monument historique en 1927, l’église conserve un mobilier pré-révolutionnaire et des vitraux, comme celui de la Crucifixion (atelier Leprince, Beauvais). Son plan cruciforme, masqué par des toits unifiés, et son clocher roman à baies géminées en font un exemple unique de superposition de styles.
Sous l’Ancien Régime, l’église dépendait du diocèse de Beauvais et du doyenné de Clermont. Après la Révolution, elle fut rattachée temporairement à Amiens (1801–1822) avant de revenir à Beauvais. Aujourd’hui intégrée à la paroisse Saint-Louis de Bresles, elle n’accueille plus de messes régulières. Son mobilier, incluant des statues (Vierge à l’Enfant, saint Joseph) et une grille de communion du XVIIIe siècle, témoigne de son riche passé liturgique.
L’édifice se distingue par son abside à cinq pans, ses voûtes à liernes et tiercerons, et ses chapiteaux sculptés de crochets. Les modifications du XVIIIe siècle, comme les piliers ondulés ajoutés aux arcades romanes, reflètent une volonté de modernisation tout en préservant l’héritage médiéval. La façade occidentale, sobre et classique, contraste avec les éléments gothiques intérieurs, tandis que le clocher, seul vestige roman visible, domine l’ensemble.
Le site, dégagé et bordé par la place Verte, offre une vue claire sur ses élévations. Les contreforts du chœur, ornés de dais et de crochets, et les fenêtres flamboyantes aux réseaux complexes (soufflets, mouchettes) soulignent la richesse décorative de l’édifice. Malgré les transformations, l’église reste un témoignage des évolutions architecturales et sociales de la région, des comtes de Clermont à la Révolution.
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