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Église Notre-Dame de Sérignac-sur-Garonne dans le Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Église Notre-Dame de Sérignac-sur-Garonne

    1 Rue du Clocher
    47310 Sérignac-sur-Garonne

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1062
Fondation du prieuré de Layrac
Xe-XIe siècles
Construction initiale
1273
Fondation de la bastide
fin XIIe-début XIIIe siècle
Ajout de l’abside
1580-1600
Premier clocher tors
1814
Reconstruction du clocher
1894
Restauration de la nef
1922
Destruction du clocher
1988
Reconstruction définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gaston VII - Vicomte de Béarn Fonda la bastide en 1273
Gaillard de Figeac - Abbé administrateur Cofondateur de la bastide
Hunald de Béarn - Fondateur du prieuré Donateur à l’abbaye de Moissac
Léo Poncy - Charpentier Détruisit le clocher en 1922
Henri Feur - Maître verrier Vitraux posés en 1890
Maurice Dousset - Forgeron local Croix sommital du clocher

Origine et histoire

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Sérignac-sur-Garonne, d’origine romane, fut construite entre le Xe et XIe siècles sous le nom Nostra Dama de Serinhaco, comme en témoigne une charte de 1060. Ses murs en petit appareil de pierres, probablement issues de villas gallo-romaines locales, formaient une nef initialement couverte de charpente. L’édifice dépendait du prieuré de Layrac, lié à l’abbaye clunisienne de Moissac, ce qui explique l’ampleur de son chœur.

Au XIIe ou XIIIe siècle, l’abside semi-circulaire (voûtée à cinq pans extérieurs) et la travée sous clocher (coupole à pendentifs) furent ajoutées. En 1273, Gaston VII de Béarn et l’abbé Gaillard de Figeac fondèrent une bastide autour de l’église, alors placée sur sa place centrale, conformément au traité de Meaux (1229) interdisant les remparts. Le clocher tors, caractéristique rare, fut érigé entre 1580 et 1600, puis reconstruit en 1814 et 1988 après des dommages.

Le clocher hélicoïdal, haut de 33,70 m, tourne d’1/8 de tour vers la gauche et fut reconstruit en 1988 par des compagnons du devoir utilisant la technique du lamellé collé. Une légende locale attribue sa forme torsadée à une tentative de visser une pierre dans le ciel pour contrer le diable, gêné par le son des cloches. L’église abrite quatre cloches, dont deux historiques (1553 et 1556) et deux modernes (1988), ainsi que des vitraux d’Henri Feur (1890) illustrant la vie de la Vierge.

La nef, voûtée en 1894, conserve un portail archaïque comparé à des modèles carolingiens ou du XIe siècle, comme celui de Saint-Étienne de Nevers. Les restaurations successives (XIXe-XXe siècles) ont préservé son mélange de styles romans, gothiques et modernes, reflétant son histoire mouvementée depuis le Moyen Âge.

L’église symbolise aussi les liens entre le pouvoir seigneurial (vicomtes de Béarn), l’ordre clunisien (Moissac) et les communautés locales. Son clocher, détruit en 1922 par un apprenti charpentier puis reconstruit grâce à une mobilisation citoyenne, incarne la résilience patrimoniale. Les pierres gallo-romaines réemployées rappellent l’occupation antique du territoire.

Liens externes