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Église Notre-Dame-des-Anges de Pontaillac en Charente-Maritime

Église Notre-Dame-des-Anges de Pontaillac

    33B Avenue de Paris
    17200 Royan

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1855
Fondation de Pontaillac
1871
Construction église de l’Assomption
2 février 1891
Pose de la première pierre
1897
Réalisations des fresques du chœur
1899
Vente de l’ancienne chapelle
1945
Bombardements de Royan
1949
Installation du vitrail
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean Lacaze - Entrepreneur bordelais Fondateur du quartier de Pontaillac.
Abbé Mazure - Curé de Royan Opposant initial à la chapelle.
Comte Martial de Verthamon - Cofondateur de Pontaillac Contourne l’opposition cléricale via Vaux-sur-Mer.
Eustase Rullier - Architecte saintais Concepteur des plans néo-gothiques.
Léon Millet - Peintre bordelais Auteur des fresques du chœur (1897).
Francis Gigot - Maître-verrier limousin Créateur du vitrail du chevet (1949).
Pierre-Marie-Etienne-Gustave Ardin - Évêque de La Rochelle et Saintes Présent à la pose de la première pierre.

Origine et histoire

La chapelle Notre-Dame-des-Anges est un édifice religieux catholique construit pour desservir le quartier balnéaire de Pontaillac, à Royan. Ce quartier, né en 1855 grâce à l’entrepreneur bordelais Jean Lacaze, devient rapidement un lieu de villégiature prisé par l’aristocratie et la bourgeoisie. L’essor démographique saisonnier rend nécessaire la construction d’un lieu de culte, mais le projet se heurte au refus de l’abbé Mazure, curé de Royan, qui privilégie un nouveau sanctuaire en centre-ville. Une solution provisoire est trouvée en 1871 avec l’édification de l’église de l’Assomption-de-Notre-Dame à Vaux-sur-Mer, gérée par les sœurs de la Charité de Bordeaux.

Le conflit se résout en 1891, lorsque l’abbé Portier, successeur de Mazure, soutient enfin la construction d’une chapelle à Pontaillac. Les plans sont confiés à l’architecte Eustase Rullier, et le gros-œuvre aux entrepreneurs Joseph et Michel Ricoux. La première pierre est posée le 2 février 1891 en présence de l’évêque de La Rochelle et Saintes, Pierre-Marie-Etienne-Gustave Ardin. L’édifice, de style néo-gothique avec des influences hispano-andalouses, est caractérisé par une façade en pierre de taille, une rosace polylobée, et une décoration intérieure sobre, à l’exception des fresques du chœur réalisées par Léon Millet en 1897.

L’église, épargnée par les bombardements de 1945, abrite un mobilier remarquable, dont un maître-autel Art déco, un vitrail de Francis Gigot (1949), et des statues comme celle de saint Joseph, sculptée en 1892 par Victor Bariller. Son architecture reflète les tendances éclectiques de la fin du XIXe siècle, mêlant références médiévales et orientalistes. La chapelle reste un témoignage de l’histoire urbaine et religieuse de Royan, liée à l’essor des stations balnéaires et aux tensions entre pouvoir clérical et développement local.

Le quartier de Pontaillac, initialement conçu comme un lotissement huppé pour curistes, incarne l’âge d’or des « bains de mer » en France. Son développement fulgurant en vingt ans en fait un symbole de mondanité, résumé par la maxime : « Tout le monde va à Royan, mais tout le monde ne va pas à Pontaillac. » La construction de la chapelle s’inscrit dans ce contexte de transformation sociale, où l’Église doit s’adapter à une population saisonnière et aisée, tout en gérant les rivalités internes entre paroisses et clergés.

L’ancienne chapelle de Pontaillac, vendue en 1899 aux autorités de Vaux-sur-Mer, illustre les recompositions territoriales et religieuses de la région. L’édifice actuel, toujours en activité, conserve des éléments originaux comme sa voûte en lambris, ses baies géminées, et son confessionnal néo-gothique de 1895. Son histoire reflète aussi les dynamiques patrimoniales post-Seconde Guerre mondiale, marquée par la préservation miraculeuse de l’église lors des destructions de Royan en 1945.

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