L’église Saint-Aubin de Saint-Aubin-du-Pavoil était à l’origine située dans une paroisse attestée dès le XIe siècle. Ce premier lieu de culte, devenu trop exigu, fut remplacé en 1866 par une nouvelle église financée par les habitants du village. Ce bâtiment, marqué par son rôle central dans la vie communautaire, abritait des cloches bénies en 1895 par Mgr François-Désiré Mathieu, alors évêque d’Angers. Son architecture et son mobilier reflétaient les traditions religieuses locales de l’époque.
Au fil du temps, le manque d’entretien rendit l’édifice dangereux, conduisant à sa fermeture en 2007. Cinq ans plus tard, le conseil municipal de Segré-en-Anjou Bleu — la commune ayant absorbé Saint-Aubin-du-Pavoil — décida sa destruction en 2013, pour un coût d’environ 600 000 euros. Seule la base des murs originaux fut conservée, tandis qu’un nouvel édifice, plus modeste, fut construit dans le chœur de l’ancienne église. Cette décision marqua la fin d’un symbole patrimonial, bien que certains éléments, comme la cloche Jeanne-Marie, aient été préservés et exposés, notamment à l’abbaye de Fontevraud en 2019.
La cloche Jeanne-Marie, après son exposition temporaire en France, fut finalement transférée en Éthiopie, à la cathédrale Saint-Georges d’Addis-Abeba. Ce transfert illustre le destin singulier de certains objets liturgiques, dépassant les frontières locales pour acquérir une dimension internationale. L’histoire de cette église, de sa construction à sa disparition, témoigne des défis posés par la préservation du patrimoine rural, entre mémoire collective et contraintes matérielles.
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