Frise chronologique
850 (tradition)
Fondation légendaire
Fondation légendaire
850 (tradition) (≈ 850)
Attribuée à Charles le Chauve ou Charlemagne
1135
Premier incendie
Premier incendie
1135 (≈ 1135)
Reconstruction sur plan roman ensuite
1354
Incendie par les Anglais
Incendie par les Anglais
1354 (≈ 1354)
Six travées s'effondrent, reconstruction partielle
1446-1483
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1446-1483 (≈ 1465)
Style gothique monumental sous Jean Cœur
1651
Incendie par Condé
Incendie par Condé
1651 (≈ 1651)
Destruction des travées du XIIe siècle
1872-1907
Reconstruction néo-gothique
Reconstruction néo-gothique
1872-1907 (≈ 1890)
Initiée par le Père Jules Chevalier
1930
Classement monument historique
Classement monument historique
1930 (≈ 1930)
Six travées et chapelles classées
1931
Inscription monument historique
Inscription monument historique
1931 (≈ 1931)
Protection de l'édifice (hors parties classées)
1932
Construction du clocher actuel
Construction du clocher actuel
1932 (≈ 1932)
Quatre cloches installées, dont une du XVIe
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Six travées orientales avec leurs bas-côtés et leurs chapelles ; chapelle située au Nord, au niveau du transept : classement par décret du 2 août 1930 ; Eglise, à l'exclusion des parties classées : inscription par arrêté du 8 octobre 1931
Personnages clés
| Charlemagne - Empereur (tradition orale) |
Aurait fondé le chapitre selon la légende |
| Charles le Chauve - Roi de Francie (tradition) |
Aurait établi ou agrandi le chapitre en 850 |
| Jean Cœur - Archevêque de Bourges (1446-1483) |
Supervisa la reconstruction gothique du chœur |
| Prince Noir - Commandant anglais |
Incendia l'église en 1354 pendant la guerre |
| Jules Chevalier - Fondateur des Missionnaires du Sacré-Cœur |
Reconstruisit l'église entre 1872 et 1907 |
| Armand Chevalier - Curé d'Issoudun (XXe siècle) |
Fit ériger le clocher en 1932 |
| Lucien-Léopold Lobin - Maître-verrier (XIXe siècle) |
Réalisa les vitraux de la nef |
Origine et histoire
L'église Saint-Cyr d'Issoudun, édifice catholique français, trouve ses origines au XVe siècle, bien que des traditions évoquent une fondation plus ancienne, attribuée à Charlemagne ou à Charles le Chauve en 850. Ces récits légendaires suggèrent que l'empereur aurait restauré une église préexistante, dédiée à saint Cyr, et y aurait établi un chapitre. Cependant, les premières traces historiques attestées remontent à l'incendie de 1135, qui détruisit partiellement l'édifice, nécessitant une reconstruction sur un plan roman. L'église, à la fois paroissiale et collégiale, fut à nouveau ravagée en 1354 par les troupes anglaises du Prince Noir, entraînant l'effondrement de six travées.
Au XVe siècle, entre 1446 et 1483, le chœur fut reconstruit dans un style gothique monumental sous l'impulsion de Jean Cœur, fils de Jacques Cœur et alors archevêque de Bourges. La nef, quant à elle, ne fut que ravalée, conservant des éléments plus anciens. En 1651, un nouvel incendie, allumé par les troupes de Condé, détruisit les quatre travées de la nef datant du XIIe siècle. Avant la Révolution, l'église possédait deux clochers : l'un en façade pour la paroisse, l'autre, une tour romane soutenue par des piliers massifs, abritant cinq cloches, dont la célèbre « Gros-Guillaume ». Ces clochers furent détruits pendant la Révolution par des volontaires nationaux de Corrèze, ne laissant qu'une seule cloche intacte.
Une reconstruction majeure eut lieu entre 1872 et 1907, initiée par le Révérend Père Jules Chevalier, fondateur des Missionnaires du Sacré-Cœur d'Issoudun. La nef d'origine fut remplacée par une nef néo-gothique, flanquée de bas-côtés et de chapelles latérales, tandis que six travées datant de 1354 à 1400 furent préservées. Bien que prévu, un projet de façade à deux flèches ne vit jamais le jour. En 1932, un nouveau clocher latéral fut érigé par le curé Armand Chevalier, abritant quatre cloches, dont la rescapée du XVIe siècle. Les vitraux, notamment ceux de la baie axiale représentant la vie de saint Cyr (vers 1470), furent restaurés après avoir été endommagés par un ouragan en 1810 et protégés pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'intérieur de l'église conserve des éléments remarquables, tels que des bancs-coffres des XVIIe et XVIIIe siècles, appartenant à des confréries ou notables locaux, ainsi qu'une voussure carolingienne réemployée dans un mur. Le chœur, de style gothique, présente des portes en accolades et des culots sculptés, dont un orné d'un griffon. Parmi les objets liturgiques, on note un bénitier du XVIe siècle sculpté de coquilles. L'édifice, classé monument historique en 1930 et inscrit en 1931, abrite également des bâtons de processions de diverses confréries, témoignant de son rôle central dans la vie religieuse et communautaire d'Issoudun.
Les vitraux de l'église illustrent son riche patrimoine artistique. La grande baie axiale, installée vers 1470, est composée de trente compartiments racontant la vie de saint Cyr. Endommagée par un ouragan en 1810, elle fut restaurée en 1937 après avoir été mise à l'abri pendant la Seconde Guerre mondiale. Les dix-huit autres verrières, réalisées entre le XIXe et le XXe siècle par les ateliers Lobin et Florence de Tours, complètent cet ensemble. Ces éléments artistiques, combinés à l'architecture hybride de l'édifice, font de l'église Saint-Cyr un témoignage majeur de l'histoire religieuse et architecturale du Berry.