Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste
L'église Saint-Jean-Baptiste, ancienne église priorale située à Saint-Jean-de-Côle (Dordogne), conserve essentiellement le chœur et le transept d'origine ; sa coupole a disparu et a été remplacée par un plancher en bois. Selon l'architecte Henri Rapine, la coupole se serait effondrée vers 1860. La fondation du prieuré est attribuée à Renaud de Thiviers, évêque de Périgueux, selon plusieurs manuscrits et la Gallia christiana, qui proposent des dates proches de la fin du XIe siècle ; une seconde dédicace au XIIe siècle est également évoquée par certains auteurs. Une bulle pontificale a placé le prieuré sous protection et lui a accordé des bénéfices à la fin du XIIe siècle, et l'archevêque Bertrand de Got l'a visité en 1305 avant de devenir pape sous le nom de Clément V. Pendant la guerre de Cent Ans, la ville fut prise par les Anglais puis reprise par les Français, et des suppliques adressées au pape au XVe siècle signalent de graves dommages subis par le couvent. Le prieuré passa en commende au XVIe siècle, connut une occupation protestante à la fin de ce même siècle et dépendait de l'abbaye de Charroux. Au XVIIe siècle, les chanoines adoptèrent la réforme des Génovéfains, mais la décadence se poursuivit au XVIIIe siècle et la communauté déclina fortement jusqu'à la Révolution, qui entraîna la dispersion des livres, la destruction des titres et la vente des bâtiments comme biens nationaux ; l'église devint paroissiale en 1801. La vie monastique reprit brièvement à la fin du XIXe siècle avec les prémontrés, jusqu'en 1904. Classée au titre des monuments historiques en 1862, l'église a fait l'objet de restaurations successives pour les toitures et le clocher au XXe siècle, puis pour les structures intérieures et le transept après 2002, et enfin pour le retable, l'autel et le tabernacle après 2012. Architecturalement, il s'agit d'un édifice prioral des XIe–XIIe siècles dont l'extérieur est marqué par des arcs brisés en applique reposant sur des colonnes semi-rondes et des chapiteaux sculptés. L'ornementation extérieure comporte 78 modillons, représentant tantôt des végétaux stylisés, tantôt des personnages symbolisant les péchés, parmi lesquels figure le motif dit « le contorsionniste » interprété comme symbole de l'orgueil. Le chevet occidental est flanqué de logettes de répit, sarcophages en pierre destinés aux mort‑nés ou aux nouveau‑nés non baptisés. Le plan de l'église est original pour la région : trois absidioles polygonales disposées de façon symétrique mais « désorientée » forment, comme pour l'église de Montagrier, les deux bras du transept selon un angle de 143 degrés. Le chœur abrite un retable, un maître-autel et un tabernacle du XVIIe siècle, ainsi que des tableaux que les Génovéfains ont installés à la fin du même siècle et qui sont attribués aux écoles de Nicolas Poussin ou d'Eustache Le Sueur. La façade présente modillons et cadran solaire, et l'intérieur offre une vue sur la nef et le chœur, illustrant la richesse sculpturale et la physionomie singulière de l'édifice.