Frise chronologique
24 février 1670
Édit royal de fondation
Édit royal de fondation
24 février 1670 (≈ 1670)
Louis XIV ordonne la construction.
30 novembre 1671
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
30 novembre 1671 (≈ 1671)
Début des travaux par Bruand.
14 juillet 1789
Prise des Invalides
Prise des Invalides
14 juillet 1789 (≈ 1789)
Armes saisies pour la Bastille.
15 décembre 1840
Retour des cendres de Napoléon
Retour des cendres de Napoléon
15 décembre 1840 (≈ 1840)
Transfert depuis Sainte-Hélène.
2 avril 1861
Inhumation de Napoléon Ier
Inhumation de Napoléon Ier
2 avril 1861 (≈ 1861)
Sous le dôme dans un sarcophage.
21 juillet 1986
Cathédrale du diocèse aux Armées
Cathédrale du diocèse aux Armées
21 juillet 1986 (≈ 1986)
Saint-Louis devient cathédrale militaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XIV - Roi de France |
Fonda l’hôtel en 1670. |
| Libéral Bruand - Architecte royal |
Conçut le plan initial. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte |
Acheva le dôme en 1706. |
| Napoléon Ier - Empereur des Français |
Inhumé sous le dôme. |
| François de Louvois - Secrétaire d’État à la Guerre |
Supervisa la construction. |
| Charles François de Virot de Sombreuil - Gouverneur des Invalides |
Résista à la prise en 1789. |
Origine et histoire
L’hôtel des Invalides, situé dans le 7e arrondissement de Paris, fut ordonné par Louis XIV en 1670 pour accueillir les soldats invalides de ses armées. Conçu par Libéral Bruand et Jules Hardouin-Mansart, ce complexe architectural alliait hospice, hôpital militaire, manufacture et église, inspirée de l’Escurial. L’édit royal de 1670 visait à offrir une retraite digne aux vétérans tout en répondant à des enjeux politiques, comme la pacification des rues parisiennes où ces anciens soldats, souvent mendiants, créaient des troubles.
La construction débuta en 1671 sous la direction de Libéral Bruand, avec une organisation en cinq cours centrées sur la cour royale. L’église, initialement prévue par Bruand, fut finalement confiée à Hardouin-Mansart en 1676 après des tensions politiques entre Louvois et Colbert. Le dôme, achevé en 1706, devint un symbole de grandeur monarchique, avec une hauteur de 107 mètres et une décoration intérieure somptueuse, incluant des fresques de Jean Jouvenet et Charles de la Fosse. L’institution accueillit jusqu’à 6 000 pensionnaires sous Louis XIV, offrant soins, logement et travail.
La Révolution française marqua un tournant pour les Invalides. Le 14 juillet 1789, la foule parisienne prit d’assaut l’hôtel pour s’emparer des 32 000 fusils et 27 canons stockés, contribuant à la prise de la Bastille. L’institution, rebaptisée « hôtel national des militaires invalides » en 1791, survécut malgré les projets de fermeture. Sous Napoléon Ier, les Invalides retrouvèrent leur prestige : le général y organisa la première cérémonie de remise de la Légion d’honneur en 1804 et y plaça l’épée de Frédéric II de Prusse en 1807.
Le dôme des Invalides, désacralisé, devint un panthéon militaire. Napoléon Ier y fut inhumé en 1861 dans un sarcophage de quartzite rouge, après le rapatriement de ses cendres en 1840 sous Louis-Philippe. D’autres figures historiques, comme Turenne, Vauban, Foch ou Lyautey, y reposent. L’église Saint-Louis, déclarée cathédrale en 1986, abrite les drapeaux ennemis capturés, tandis que le musée de l’Armée, créé en 1905, conserve des collections militaires depuis le XVIIe siècle.
Aujourd’hui, l’hôtel des Invalides reste un lieu emblématique, combinant mémoire militaire, cérémonies nationales et soins aux vétérans. Son dôme doré, visible dans tout Paris, domine une esplanade historique où se déroulent des hommages solennels, comme celui rendu aux victimes des attentats de 2015. L’institution, toujours active, accueille une centaine de grands invalides de guerre et abrite des organismes liés à la défense nationale.