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Église Saint-Martin d'Angers en Maine-et-Loire

Eglise romane et gothique
Vestiges mérovingiens
Architecture gothique angevin
Patrimoine carolingien

Église Saint-Martin d'Angers

    23 Rue Saint-Martin
    49000 Angers

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Ve–VIIe siècles
Fondations des premières églises
VIIe siècle
Reconstruction par l’évêque Loup
Xe siècle
Reconstruction avec arcs alternés
XIe siècle
Fondation du chapitre par Foulques Nerra
XIIe–XIIIe siècles
Transformation gothique du chœur
XVe siècle
Embellissements par le roi René
1828
Effondrement de la nef
1928
Classement Monument Historique
1986
Rachat par le département
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Évêque Loup - Reconstructeur (VIIe siècle) Agrandi l’église en plan cruciforme.
Foulques Nerra - Comte d’Anjou (XIe siècle) Fonda le chapitre, commanda la coupole.
Roi René - Duc d’Anjou (XVe siècle) Finança lambris et décors armoriés.
Chanoine Pinier - Archéologue (XXe siècle) Fouilles des premières églises.

Origine et histoire

La collégiale Saint-Martin d’Angers, située dans le centre historique de la ville, est l’un des rares monuments carolingiens encore bien conservés en France. Elle témoigne de quinze siècles d’évolution architecturale, depuis ses origines au Ve siècle jusqu’à ses transformations gothiques et médiévales. Son chœur, reconstruit au XIIe siècle, est un exemple remarquable du style gothique angevin, caractérisé par des voûtes bombées et une abside allongée. Les fouilles archéologiques ont révélé des vestiges des premières églises (Ve–VIIe siècles), dont une crypte et des sépultures mérovingiennes, attribuées à l’évêque Loup (VIIe siècle).

Au Xe siècle, l’église est reconstruite avec des arcs alternant pierre et brique, tandis qu’au XIe siècle, le comte Foulques Nerra y installe une coupole et fonde un chapitre de 13 chanoines, marquant son passage au statut de collégiale. La chapelle des Anges, agrandie au XIIIe siècle, conserve des traces de peintures murales médiévales, dont une Vierge à l’Enfant encore visible. Au XVe siècle, le roi René, duc d’Anjou, finance l’embellissement de l’édifice : surélévation des murs, charpente lambrissée ornée de ses emblèmes, et décors imitant la pierre de taille.

Après la Révolution, la collégiale est désaffectée, servant d’entrepôt puis de magasin avant d’être partiellement détruite au XIXe siècle (effondrement de la nef en 1828, disparition du cloître). Rachetée par le département de Maine-et-Loire en 1986, elle est restaurée et devient un lieu culturel après 20 ans de travaux. Classée Monument Historique en 1928, elle abrite aujourd’hui des statues médiévales et propose des visites et spectacles, offrant un voyage à travers l’histoire architecturale angevine.

Les études archéologiques récentes (depuis 1988) ont confirmé les campagnes de construction successives : nef et transept du Xe siècle, chœur gothique des XIIe–XIIIe siècles, et modifications du XVe siècle sous Yolande d’Aragon. Les vestiges visibles incluent la salle du chapitre (XIe siècle) et des lambris peints aux armes du roi René. L’édifice, désormais propriété départementale, illustre la transition entre les époques mérovingienne, carolingienne, romane et gothique.

La collégiale Saint-Martin se distingue par son plan cruciforme hérité du VIIe siècle, sa coupole du XIe siècle, et son décor peint médiéval partiellement conservé. Son histoire reflète les influences politiques et religieuses de l’Anjou, des évêques mérovingiens aux ducs Plantagenêts, en passant par les comtes d’Anjou comme Foulques Nerra. Aujourd’hui désacralisée, elle constitue un patrimoine majeur des Pays de la Loire, alliant archéologie, architecture et histoire locale.

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