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Église Saint-Martin d'Attilly dans l'Aisne

Aisne

Église Saint-Martin d'Attilly

    2 Rue de l'Église
    02490 Attilly

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1706
Rattachement d'Attilly à Marteville
1914-1918
Destruction totale pendant la Première Guerre mondiale
Années 1920
Reconstruction de l’église à Attilly
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Saint Éloi - Évêque de Noyon et Saint-Quentin (VIIe siècle) Possédait une résidence à Villevêque, près d’Attilly.
John Dimmer - Lieutenant-colonel britannique (croix de Victoria) Mort en 1918 lors d’une charge à Attilly.
Charles Poette - Historien local (début XXe siècle) A écrit une histoire d’Attilly.

Origine et histoire

L’église Saint-Martin d’Attilly est un monument emblématique de la commune d’Attilly, dans le département de l’Aisne. Son histoire est étroitement liée aux bouleversements territoriaux et aux conflits du XXe siècle. À l’origine, le village principal était Marteville, tandis qu’Attilly n’était qu’un hameau dépendant d’Holnon. En 1706, après le pilage de l’église Saint-Quentin d’Holnon, Attilly fut rattaché à Marteville par ordonnance épiscopale. Ce changement territorial marqua le début d’une rivalité locale, exacerbée lorsque l’église de Marteville, détruite pendant la Première Guerre mondiale, fut reconstruite à Attilly. Les habitants de Marteville surnommèrent alors ceux d’Attilly « C’est voleu d’église » (voleurs d’église), reflétant les tensions communautaires.

La Première Guerre mondiale ravagea entièrement Attilly : en 1918, seul un abreuvoir était encore debout. Le lieutenant-colonel britannique John Dimmer, décoré de la croix de Victoria, y trouva la mort en menant une charge à cheval contre les positions allemandes. Après la guerre, le village fut reconstruit, et Attilly devint plus peuplé que Marteville, inversant la hiérarchie historique. L’église Saint-Martin, symbole de cette transformation, incarne aujourd’hui à la fois la résilience locale et les traces des conflits passés. Son nom rappelle aussi l’héritage romain de la région, Attilly tirant son étymologie d’une « villa romaine » dominant les eaux, selon les sources anciennes.

Le territoire d’Attilly, traversé par l’Omignon et entouré de forêts comme celle d’Holnon, conserve des vestiges d’une occupation bien plus ancienne. Les hameaux voisins, Marteville (dont le nom évoque un « temple de Mars » romain) et Villevêque (ancienne « villa de l’évêque » liée à saint Éloi), témoignent d’une histoire religieuse et militaire remontant à l’Antiquité. Saint Éloi, évêque de Noyon et Saint-Quentin au VIIe siècle, possédait une résidence à Villevêque, à proximité des reliques de saint Quentin, aujourd’hui disparues. Ces liens historiques entre les villages, scellés par des pèlerinages et des rivalités, furent définitivement redessinés par les destructions de 1914-1918 et la reconstruction d’après-guerre.

Aujourd’hui, Attilly est une commune rurale de 337 habitants (2023), marquée par son patrimoine linguistique picard et son appartenance à la communauté de communes du Pays du Vermandois. L’église Saint-Martin, reconstruite après la Grande Guerre, reste un symbole des mutations territoriales et des mémoires conflictuelles qui ont façonné ce territoire des Hauts-de-France.

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