Frise chronologique
1186
Rattachement à La Sauve-Majeure
Rattachement à La Sauve-Majeure
1186 (≈ 1186)
Devenu dépendance de l’abbaye bénédictine.
XIIe siècle (vers 1150)
Fondation du prieuré roman
Fondation du prieuré roman
XIIe siècle (vers 1150) (≈ 1250)
Rattaché aux chanoines de Bellefond.
XVIe siècle
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
XVIe siècle (≈ 1650)
Voûtes d’ogives et chevet plat ajoutés.
1800s
Restauration partielle
Restauration partielle
1800s (≈ 1800)
Chapiteaux végétaux refaits.
XVIIe–XVIIIe siècles
Ajout des chapelles latérales
Ajout des chapelles latérales
XVIIe–XVIIIe siècles (≈ 1850)
Formation d’une croix latine.
23 septembre 1966
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 septembre 1966 (≈ 1966)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. A 400) : inscription par arrêté du 23 septembre 1966
Personnages clés
| Christian Bougoux - Historien de l’art |
A analysé l’iconographie du portail. |
| Léo Drouyn - Archiviste et dessinateur |
A étudié les sculptures romanes. |
Origine et histoire
L’église Saint-Martin de Jugazan, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, trouve ses origines au XIIe siècle comme prieuré roman rattaché aux chanoines de Bellefond, puis à l’abbaye de La Sauve-Majeure à partir de 1186. L’édifice actuel, profondément remanié, conserve des traces de cette période médiévale : quatre chapiteaux et les voussures d’un portail orné de motifs profanes (musiciens, animaux maléfiques), sans symbole chrétien explicite. Ces sculptures, interprétées comme des avertissements moraux, reflètent l’art roman poitevin et ses allégories sur le vice et la vertu.
Au XVIe siècle, l’église est largement reconstruite : les quatre travées de la nef et le chevet plat sont voûtés d’ogives, marquant une transition vers le style gothique flamboyant. Les fenêtres romanes sont alors remplacées par des baies à décor flamboyant. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient l’ajout de deux chapelles latérales (formant une croix latine) et d’éléments baroques, comme un confessionnal en bois sculpté et un lutrin en forme d’aigle. Un cadran canonial, vestige médiéval, subsiste sur la sacristie.
Classée monument historique en 1966, l’église abrite des éléments remarquables comme ses fonts baptismaux monolithes du XVe siècle (inscrits à l’inventaire), sculptés d’une cuve octogonale ornée d’arcatures trilobées. Le portail, peint en rouge, se distingue par son iconographie énigmatique : des oiseaux partageant un fruit défendu (symbole du choix moral), un chasseur dominant ses chiens, ou un homme dévoré par un monstre bicéphale. Ces motifs, analysés par des historiens comme Christian Bougoux, illustrent une pédagogie religieuse médiévale où l’art servait à édifier les fidèles par des exemples et contre-exemples moraux.
L’édifice, propriété de la commune, témoigne aussi de restaurations partielles au XIXe siècle, notamment sur les chapiteaux végétaux de l’ébrasement nord. Son clocher, accessible par un escalier en vis logé dans une tour ronde, domine le bourg. Aujourd’hui, l’église Saint-Martin reste un exemple rare d’édifice religieux où se superposent près de six siècles d’histoire architecturale, du roman au baroque, tout en conservant une décoration sculptée d’une richesse symbolique exceptionnelle.