Classement monument historique 16 décembre 1937 (≈ 1937)
Protection officielle de l’édifice
1965
Vol de quatre statues
Vol de quatre statues 1965 (≈ 1965)
Saint Pierre, saint Protay, saint Gervais, saint Roch
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 16 décembre 1937
Personnages clés
Jules Hardouin-Mansart - Architecte et surintendant
Auteur du vitrail (fin XVIIe–début XVIIIe)
Léon-François Bénonville - Peintre
Esquisse *Jeanne d'Arc* (don 1945)
Mme Henry Thuret - Donatrice
Offrit la tapisserie flamande (1865)
Origine et histoire
L'église Saint-Martin de Lurcy-Lévis, située dans le département de l'Allier en région Auvergne-Rhône-Alpes, est un édifice catholique marqué par une architecture exceptionnelle. Fondée au XIIe siècle, elle possède l’un des rares chœurs en trèfle (ou trikonchos) d’Europe, une singularité qui interroge sur les influences subies par l’art roman en Bourbonnais. Ce chevet trilobe, composé de trois absides semi-circulaires voûtées en cul-de-four, est contemporain de la fin du XIIe siècle. La nef, sans bas-côtés, et le transept, couvert d’une voûte à oculus du XIVe siècle, semblent postérieurs ou profondément remaniés. Le portail occidental, de style gothique tardif, date quant à lui du XVe siècle.
L’église repose selon la tradition sur les fondations d’un temple gallo-romain incendié lors des invasions du Berry, bien que cette origine reste hypothétique. Classée monument historique depuis le 16 décembre 1937, elle intègre la Route des églises peintes du Bourbonnais. Son mobilier inclut un vitrail attribué à Jules Hardouin-Mansart (fin XVIIe–début XVIIIe siècle), deux pietà baroques, et un chemin de croix en bois sculpté. Une tapisserie flamande du XVIe siècle, Le Christ guérissant l'aveugle, classée puis déclassée en 1920, fut offerte en 1865 avant d’être réclamée par des héritiers en 1908. En 1965, quatre statues des XVIIe et XVIIIe siècles (saint Pierre, saint Protay, saint Gervais, saint Roch) furent volées.
Le décor intérieur révèle des influences bourguignonnes, notamment dans les chapiteaux sculptés des colonnes du chœur, représentant des lions dévorant des hommes ou des griffons bicéphales. L’abside orientale abrite une mandorle peinte du Christ Pantocrator, entourée des quatre symboles des évangélistes, soutenue par des arcades à chapiteaux ouvragés. Le clocher carré, surmonté d’une flèche d’ardoise, domine la croisée du transept. L’édifice, propriété de la commune, reste un témoignage majeur de l’art religieux médiéval en Bourbonnais, mêlant héritages roman, gothique et baroque.
L’église Saint-Martin illustre aussi les vicissitudes des monuments historiques : vols, restitutions contestées, et transformations architecturales. Son plan en trèfle, rare en France mais présent dans certaines basiliques romaines anciennes, suggère des échanges culturels ou des inspirations lointaines. Aujourd’hui, elle constitue un jalon patrimonial incontournable du pays bourbonnais, attirant pour son histoire mouvementée et son architecture hybride.
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