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Église Saint-Maurice en Savoie

Église Saint-Maurice


    Annecy

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1422
Début de la construction
14 septembre 1445
Consécration de l’église
1478
Construction de la chapelle comtale
1789-1799
Profanation révolutionnaire
24 août 1803
Rétrocession au culte
1822
Reconstruction du clocher
1943
Inscription aux Monuments Historiques
1957
Classement partiel
2014-2015
Restauration complète
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Cardinal de Brogny - Commanditaire initial Lança la construction en 1422 pour les dominicains.
Janus de Savoie - Comte apanagiste Commanda la chapelle funéraire en 1478.
Hélène de Luxembourg - Comtesse consorte Inhumée aux côtés de Janus de Savoie.
François Sermond - Fondeur de cloches Créa la cloche de 1561 pour Berne.
Pierre de Luxembourg - Bienheureux représenté Figure dans *L’Assomption de Marie* comme donateur.
Philibert de Monthoux - Noble local Sujet d’une peinture funéraire murale.

Origine et histoire

L’église Saint-Maurice d’Annecy, initialement dédiée à saint Dominique, fut construite à partir de 1422 comme chapelle d’un couvent dominicain, sur initiative du cardinal de Brogny. Située en bordure des remparts, près d’un canal reliant le Thiou au Vassé, elle fut consacrée en 1445 bien que non achevée. Ses voûtes furent édifiées en 1491, et elle prit le nom de Saint-Maurice après la destruction de l’ancienne église homonyme, patronne de la Savoie. Ce monument reflète le style gothique flamboyant savoyard, typique des Alpes, bien que Raymond Oursel souligne son absence de recherche esthétique, attribuée à des contraintes financières.

Durant la Révolution française, l’église fut profanée, transformée en marché aux grains puis en écurie. Elle retrouva sa vocation religieuse en 1803 sous le Concordat, avec la reconstruction de son clocher en 1822. Une restauration majeure eut lieu entre 2014 et 2015. À l’intérieur, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié-et-Saint-Michel, érigée en 1478 à la demande du comte Janus de Savoie, abrite les tombes de ce dernier et de son épouse, Hélène de Luxembourg. Les peintures murales, comme L’Assomption de Marie ou le tombeau de Philibert de Monthoux, témoignent du mécénat des familles nobles locales, notamment les Luxembourg.

L’orgue, installé en 1869 par Merklin-Schütze et modifié en 1966, ainsi que les quatre cloches du clocher – dont une fondue en 1561 par François Sermond, fondeur officiel de Berne – illustrent l’évolution du patrimoine sur plusieurs siècles. L’église, partiellement classée monument historique depuis 1957 (après une première inscription en 1943), incarne à la fois l’histoire religieuse, politique et artistique de la Savoie, marquée par son rattachement tardif à la France.

Architecturalement, l’édifice se distingue par son style flamboyant savoyard, variante alpine du gothique tardif. Les vitraux, les sépultures comtales et les fresques, comme celle représentant saint Thomas et la Sainte Ceinture de la Vierge, soulignent son rôle de lieu de mémoire pour l’aristocratie locale. La cloche en acier, rare dans la région, et la petite cloche inutilisée rappellent les adaptations techniques et liturgiques au fil des époques. Aujourd’hui, Saint-Maurice reste un symbole du patrimoine annecien, entre héritage médiéval et restaurations contemporaines.

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