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Église Saint-Maxime en Savoie

Église Saint-Maxime

    2 Grande Rue
    73270 Beaufort

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
400
500
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
410
Évangélisation par Maxime
1171
Première mention papale
1608
Rénovation du toit
1657-1659
Sculpture du retable
1656-1670
Agrandissement majeur
1705
Incendie du clocher
1722
Installation de la chaire
1793
Tentative de destruction révolutionnaire
1958
Modification de l'avant-chœur
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Maxime - Évangélisateur et saint patron Disciple d'Honorat, convertisseur des Ceutrons.
Honorat - Noble romain Fonda un groupe de disciples en Provence.
François Cuenot - Sculpteur baroque Auteur du retable (1657-1659).
Jacques Clairant - Artisan sculpteur Créateur de la chaire à prêcher (1722).
Claude-Antoine Ducis - Intermédiaire révolutionnaire Sauva le clocher en 1793.
Chanoine Joseph Garin - Historien local Auteur d'une description architecturale (1939).

Origine et histoire

L'église Saint-Maxime de Beaufort, mentionnée dès 1171 dans une bulle papale d'Alexandre III parmi les quatre églises de Luce, trouve ses origines dans l'évangélisation de la vallée du Doron au Ve siècle. Selon la tradition, Maxime, disciple du noble romain Honorat, aurait converti les Ceutrons, peuple celte local, fondant ainsi une paroisse aux particularités uniques : jusqu'au XVIe siècle, son curé était élu par les habitants, et seuls des prêtres originaires de Beaufort (altariens) pouvaient y officier, desservant les 12 autels secondaires et les chapelles de la vallée.

La construction actuelle date principalement du XVIIe siècle, remplaçant un édifice en bois antérieur. Entre 1656 et 1670, d'importants travaux d'agrandissement furent menés avec la participation bénévole de la population : ajout de nefs latérales, reconstruction du chœur, et élévation de la flèche du clocher (48 mètres). Les villages environnants fournirent matériaux (ardoises, chaux, noyers) et main-d'œuvre, tandis que les femmes transportèrent 15 000 seaux d'eau et 14 000 charges de sable. Le retable, sculpté par François Cuenot (1657-1659), et la chaire à prêcher de Jacques Clairant (1722) comptent parmi ses joyaux baroques.

Le clocher, souvent associé à une légende sarrasine du Xe siècle (remise en cause par les historiens), fut partiellement détruit par un incendie en 1705, puis menacé de destruction en 1793 par les révolutionnaires. Les Beaufortains s'opposèrent violemment à sa démolition, obtenant sa conservation grâce à l'intervention de Claude-Antoine Ducis. L'église, classée pour sa chaire à prêcher, incarne aujourd'hui un patrimoine religieux et communautaire marqué par l'autogestion médiévale et l'art baroque savoyard.

Architecturalement, l'édifice impose une masse imposante mais sans élégance (chanoine Garin, 1939), avec une façade sobre en noyer sculpté de marguerites et un portail surmonté d'une statue de saint Maxime. Le clocher carré, épais de 2,70 mètres à sa base, arbore trois cadrans d'horloge et domine la cité depuis son éperon rocheux. À l'intérieur, les 12 autels secondaires rappellent l'organisation paroissiale historique, tandis que les lambris en noyer et les boiseries du XVIIe siècle témoignent du savoir-faire local.

La tradition orale évoque un passé musulman controversé : le clocher serait une tour sarrasine du Xe siècle, érigée lors d'invasions arabes, avec un kharad (impôt) payé par les habitants pour conserver leur liberté de culte. Cependant, les historiens comme Olivier Hanne y voient plutôt une tour féodale liée à l'installation des seigneurs montagnards. Cette légende illustre les récits locaux mêlant histoire et mythes, typiques des vallées alpines.

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