Origines romanes XIe siècle (≈ 1150)
Premier édifice attestée par vestiges muraux.
XIIe siècle
Reconstruction façade/chevet
Reconstruction façade/chevet XIIe siècle (≈ 1250)
Portail sculpté et abside en hémicycle ajoutés.
XIVe siècle
Fortification du chevet
Fortification du chevet XIVe siècle (≈ 1450)
Adaptation défensive pendant la guerre de Cent Ans.
1754
Transformation majeure
Transformation majeure 1754 (≈ 1754)
Ajout bas-côtés et chapelle baptismale.
1837-1838
Restauration par Bordes
Restauration par Bordes 1837-1838 (≈ 1838)
Clocher-tour et voûtement de la nef.
1864
Vitraux de Dagrant
Vitraux de Dagrant 1864 (≈ 1864)
Création des baies vitrées bordelaises.
16 avril 2002
Classement MH
Classement MH 16 avril 2002 (≈ 2002)
Inscription de l’église en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. BE 272) : inscription par arrêté du 16 avril 2002
Personnages clés
Auguste Bordes - Architecte
Dirige la restauration de 1837-1838.
Gustave Pierre Dagrant - Peintre verrier
Auteur des vitraux (1864).
Faulat - Architecte
Conçoit le perron en 1866.
Terral - Peintre
Achève le décor intérieur (1897).
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Ambarès-et-Lagrave, située en Gironde (Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines au XIe siècle, comme en témoignent les vestiges d’un premier édifice roman visibles dans les murs de la nef. Ces traces, notamment un petit appareil cubique derrière le clocher, révèlent une construction primitive à nef unique, typique de l’art roman saintongeais. Le site, occupé sans interruption, voit sa façade et son chevet reconstruits au XIIe siècle, avec l’ajout d’un portail sculpté à quatre voussures et arcs en plein cintre, caractéristique de l’architecture religieuse de l’époque.
Au XIVe siècle, dans le contexte de la guerre de Cent Ans, le chevet est fortifié pour se protéger des conflits, illustrant les adaptations défensives des édifices religieux durant cette période troublée. Les transformations majeures interviennent cependant bien plus tard : en 1754, les bas-côtés et la chapelle baptismale sont ajoutés, tandis que le décor intérieur est entièrement repensé. Ces modifications reflètent l’évolution des besoins liturgiques et esthétiques, marquant le passage d’une église médiévale austère à un lieu de culte plus élaboré.
Le XIXe siècle marque un tournant avec les travaux de l’architecte Auguste Bordes en 1837-1838, qui remanie profondément la façade occidentale, construit le clocher-tour actuel coiffé d’une flèche, et voûte la nef. Les vitraux, réalisés en 1864 par Gustave Pierre Dagrant (peintre verrier bordelais), ainsi que le perron ajouté en 1866 par l’architecte Faulat, achèvent de donner à l’édifice son aspect actuel. Enfin, en 1897, le peintre Terral complète le décor intérieur, mêlant héritage roman et ajouts néo-classiques. Classée monument historique en 2002, l’église incarne aujourd’hui près d’un millénaire d’histoire architecturale et religieuse.
Parmi les éléments remarquables, subsistent deux chapiteaux romans du XIIe siècle : l’un dans l’abside, orné de têtes et de fruits symbolisant le péché, l’autre sur l’ébrasement sud du portail, représentant une fauve bicorporée écrasant deux crânes. Ces sculptures, typiques de l’art roman, illustrent les thèmes moralisateurs de l’époque, où la bête incarne les vices dominants. Les vitraux de Dagrant, bien que postérieurs, s’inscrivent dans la tradition bordelaise du XIXe siècle, alliant lumière et narration sacrée.
L’édifice, propriété de la commune, se situe place du Maréchal-Leclerc, au cœur du bourg. Son plan allongé à trois vaisseaux, son abside voûtée en cul-de-four (dissimulant une voûte romane originale), et ses bas-côtés voûtés d’arêtes témoignent des superpositions stylistiques. La sacristie, ceinturant l’abside, et le clocher en pierre de taille contrastent avec les murs en moellons du reste de la nef, révélant les campagnes de construction successives. L’inscription aux monuments historiques protège l’ensemble, y compris les décors peints et sculptés, héritage composite de dix siècles d’histoire.
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