Frise chronologique
vers 1334-1335
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
vers 1334-1335 (≈ 1335)
Initié par le cardinal Gaucelme de Jean.
vers 1330-1350
Construction de l'église et du couvent
Construction de l'église et du couvent
vers 1330-1350 (≈ 1340)
Fondation par Gaucelme de Jean, achèvement sous Gisbert.
1343
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
1343 (≈ 1343)
Dédiée initialement à Notre-Dame.
1355
Bulle papale d'Innocent VI
Bulle papale d'Innocent VI
1355 (≈ 1355)
Fondation officielle des dominicaines.
1363
Installation des religieuses
Installation des religieuses
1363 (≈ 1363)
Communauté dominicaine opérationnelle.
XVIe siècle
Dégâts des guerres de Religion
Dégâts des guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Bâtiments en mauvais état en 1668.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789 (≈ 1789)
Monastère démoli pendant la Révolution.
1789-1799
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1789-1799 (≈ 1794)
Démolition partielle à la Révolution.
1801
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
1801 (≈ 1801)
Rachetée par la communauté locale.
1851
Construction du clocher-porche
Construction du clocher-porche
1851 (≈ 1851)
Par l'architecte Ficat.
1920
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1920 (≈ 1920)
Protection de l'édifice.
2007
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
2007 (≈ 2007)
Par l'atelier Anne Pinto.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre-ès-Liens, actuellement église paroissiale : classement par arrêté du 15 juillet 1920. Aile est du couvent abritant l'ancienne salle capitulaire, ainsi que l'ancienne aire du cloître (cad. B 1161, 1162) : classement par arrêté du 10 janvier 1995
Personnages clés
| Gaucelme de Jean - Cardinal et fondateur |
Initiateur du prieuré en 1334-1335. |
| Gisbert de Jean - Évêque de Carcassonne |
Supervisa l'achèvement des travaux. |
| Philippe de Jean - Seigneur des Junies |
Participa à la fondation du monastère. |
| Innocent VI - Pape (1352-1362) |
Autorise la fondation en 1355. |
| Benoît de Jean - Seigneur des Junies |
Passa dans le parti anglais en 1355. |
| Ficat - Architecte du XIXe siècle |
Conçut le clocher-porche en 1851. |
| Gustave Pierre Dagrant - Maître verrier |
Auteur des vitraux du XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le couvent Notre-Dame des Junies fut fondé au XIVe siècle par la famille de Jean, riche lignée cadurcienne liée à l’Église. En 1343, le cardinal Gaucelme de Jean (neveu du pape Jean XXII) et ses proches, dont Gisbert de Jean (futur évêque de Carcassonne), décident d’y établir un prieuré de dominicaines, rattaché au monastère de Prouille. Les travaux, débutés vers 1330-1350, s’achèvent sous la direction de Gisbert, comme en témoigne une bulle papale de 1355 autorisant l’installation des religieuses, effective avant 1363. L’église, austère et voûtée d’ogives, précède légèrement le couvent, dont les bâtiments organisés autour d’un cloître abritaient réfectoire, salle capitulaire et espaces de stockage.
Le monastère, prospère grâce à des revenus fonciers (dîmes, prieurés locaux comme Saint-Martin de Carnougues), souffre des guerres de Religion au XVIe siècle. En 1668, une enquête révèle son état dégradé et des dettes croissantes (2 650 livres de dépenses pour 2 002 livres de revenus). Les dominicaines y restent jusqu’à la Révolution, quand le couvent est vendu comme bien national et partiellement démoli. Seuls subsistent l’église, devenue paroissiale en 1801 (sous le vocable Saint-Pierre-ès-Liens), et la salle capitulaire, classée Monument Historique en 1995 avec les vestiges du cloître.
L’architecture reflète son usage médiéval : l’aile est, mieux conservée, abrite la salle capitulaire aux voûtes ogivales et une pièce supérieure probablement réservée à la prieure. L’aile ouest, aux maçonneries du XIVe siècle, servait de cellier et de chai, comme le suggèrent les traces de voûtes en berceau et les ouvertures étroites. Le clocher-porche, ajouté en 1851, remplace un porche antérieur. Les fouilles récentes (2010) ont dégagé les élévations intérieures de l’aile ouest, révélant des piliers quadrangulaires et des arcs engagés.
Le site illustre l’influence des familles nobles locales (les de Jean) dans la fondation des établissements religieux, ainsi que les bouleversements subis par le patrimoine monastique pendant les conflits religieux et la Révolution. Aujourd’hui, les vestiges classés offrent un témoignage rare de l’architecture dominicaine en Quercy, entre austérité cistercienne et adaptations tardives.