Fondation du prieuré vers 1078 (≈ 1078)
Par Alexandre d'Aubusson pour la Chaise-Dieu
fin XIe - début XIIe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église fin XIe - début XIIe siècle (≈ 1225)
En tuf volcanique, nef primitive
début XIVe siècle
Peintures féodales et religieuses
Peintures féodales et religieuses début XIVe siècle (≈ 1404)
Fresques attribuées à Pierre de Montaigut
après 1527
Peinture de la litre funéraire
Peinture de la litre funéraire après 1527 (≈ 1527)
Blasons Tourzel d'Allègre ajoutés
12 septembre 1931
Classement monument historique
Classement monument historique 12 septembre 1931 (≈ 1931)
Protection totale de l'église
15 janvier 1932
Inscription du prieuré
Inscription du prieuré 15 janvier 1932 (≈ 1932)
Protection des bâtiments conventuels
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (à l'exception de la sacristie) : classement par arrêté du 12 septembre 1931
Personnages clés
Alexandre d'Aubusson - Fondateur du prieuré
Rattaché à la Chaise-Dieu vers 1078
Pierre de Montaigut - Seigneur d'Aurouze
Associé aux fresques du XIVe siècle
Famille Tourzel d'Allègre - Lignée noble auvergnate
Blasons peints sur la litre funéraire
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Mazerat-Aurouze, édifiée entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle, dépendait initialement d'un prieuré fondé vers 1078 par Alexandre d'Aubusson, rattaché à l'abbaye de la Chaise-Dieu. Son architecture modeste, en tuf volcanique, se distingue par un chevet circulaire voûté en cul-de-four, renforcé de contreforts et percé de niches ornées de fresques du XIVe siècle. Ces peintures, redécouvertes récemment, représentent des scènes féodales et religieuses, dont un chevalier terrassant un monstre (interprété comme saint Georges) et des armes héraldiques attribuées aux familles Tourzel d'Allègre et de Montaigut.
La nef primitive, probablement couverte d'une charpente apparente, fut divisée au Moyen Âge par des piliers supportant des voûtes en plâtre. Le campanile, porté par l'arc triomphal, et les fenêtres étroites suggèrent une nef antérieure au chœur. Une litre funéraire peinte, datant postérieurement à 1527, ceint les murs intérieurs : ses blasons (une tour d'argent accostée de fleurs de lys) évoquent l'influence de la famille Tourzel d'Allègre sur ce territoire. Ces éléments artistiques, combinés aux structures romanes, illustrent l'évolution du site entre le XIe et le XVIe siècle.
Classée monument historique en 1931 pour son église (à l'exception de la sacristie) et inscrite en 1932 pour son prieuré, la bâtisse conserve des traces tangibles de son passé religieux et seigneurial. Les fresques de l'absidiole, attribuées à Pierre de Montaigut (seigneur d'Aurouze au XIVe siècle), et les modifications architecturales ultérieures (voûtes, division de la nef) témoignent des adaptations successives du lieu. Le matériau local, le tuf volcanique de piètre qualité, et la réutilisation de corbelets lors des remaniements révèlent aussi les contraintes techniques et économiques de l'époque.
Le site, propriété communale, se distingue par son plan atypique et son décor peint, où se mêlent symboles chrétiens (saint Georges) et emblèmes féodaux. Ces caractéristiques en font un exemple rare d'art roman tardif enrichi par des strates médiévales postérieures, reflétant les liens entre pouvoir ecclésiastique (prieuré de la Chaise-Dieu) et aristocratie locale (famille de Montaigut).