Inscription aux monuments historiques 21 novembre 1925 (≈ 1925)
Protection totale de l’édifice.
XXe siècle
Remplacement des colonnes du portail
Remplacement des colonnes du portail XXe siècle (≈ 2007)
Fûts simples substitués aux colonnes originales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 21 décembre 1925
Personnages clés
Saint Sulpice - Patron originel de l’église
Dédicace initiale de l’édifice.
Léo Drouyn - Dessinateur et archéologue
A documenté le portail en 1878.
Simon (Pierre) - Apôtre représenté sur un chapiteau
Scène de *l’appel des premiers disciples*.
Daniel - Prophète biblique sculpté
Représenté dans la fosse aux lions.
Origine et histoire
L'église Saint-Sulpice de Daubèze, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice catholique initialement dédié à saint Sulpice, désormais placé sous le vocable de Notre-Dame. Construite au XIIe siècle, elle se distingue par sa nef unique lambrissée, son transept voûté d'ogives et une abside en cul-de-four. Le clocher-mur aux pans incurvés, ajouté au XVIIIe siècle, complète une structure profondément remaniée au fil des siècles, notamment après un incendie pendant la Révolution française. Ces transformations ont presque effacé les traces de l'église romane originelle, dont la richesse décorative a été révélée par des fouilles archéologiques mettant au jour des fragments de sculptures et des modillons figurés.
Le portail nord, percé à une époque indéterminée, est une particularité architecturale majeure. Composé de chapiteaux romans et de colonnes gothiques de remploi, il présente un aspect hétéroclite, avec des sculptures représentant des scènes bibliques comme l'appel des premiers disciples, la tentation d'Adam et Ève, l'adoration des Mages et Daniel dans la fosse aux lions. Ces chapiteaux, datant de la fin du XIe et du début du XIIe siècle, illustrent une iconographie romane moralisatrice, opposant la désobéissance originelle à la rédemption par la foi. À l'intérieur, un seul chapiteau figuré subsiste, représentant deux oiseaux becquetant un fruit.
L'édifice, inscrit en totalité aux monuments historiques par arrêté du 21 novembre 1925, conserve également un linteau orné d’un chrisme aujourd’hui presque disparu. Les dessins anciens, comme celui de Léo Drouyn (1878), témoignent des remaniements successifs, notamment le remplacement des colonnes du portail au XXe siècle par des fûts simples. Propriété de la commune, l'église incarne ainsi une synthèse des époques, où le roman initial dialogue avec des ajouts gothiques et modernes, reflétant une histoire mouvementée et une volonté de préservation patrimoniale.
Les fouilles ont confirmé l’importance du décor roman originel, aujourd’hui largement disparu, tandis que le portail reste un témoignage exceptionnel de la sculpture narrative médiévale. Les scènes représentées, comme Daniel entre les lions ou l’adoration des Mages, soulignent la dimension didactique et symbolique de l’art roman, destinées à éduquer les fidèles à travers des récits bibliques visuels. L’église, bien que transformée, conserve ainsi une valeur historique et artistique majeure, illustrant l’évolution des pratiques religieuses et architecturales en Aquitaine.
La localisation de l’église, au cœur du village de Daubèze le long de la route départementale D123, en fait un point de repère local. Son histoire reflète aussi les bouleversements politiques et religieux, depuis sa construction médiévale jusqu’à sa restauration post-révolutionnaire. Les chapiteaux du portail, bien que remployés et partiellement dégradés, offrent un aperçu rare de l’iconographie romane girondine, souvent centrée sur des thèmes comme la rédemption et la protection divine, comme en témoigne la représentation de Daniel, symbole de la foi triomphante.
Enfin, l’église Saint-Sulpice s’inscrit dans un réseau plus large d’édifices romans de Gironde, partageant des thèmes iconographiques communs comme l’adoration des Mages ou Daniel dans la fosse aux lions. Ces motifs, récurrents dans la région (Bouliac, La Sauve, Saint-Quentin-de-Baron), révèlent une tradition artistique et religieuse cohérente, où l’art servait à la fois de support pédagogique et de manifestation de la puissance divine. L’inscription aux monuments historiques en 1925 a permis de sauvegarder ce patrimoine, tout en soulignant son rôle dans l’histoire locale et régionale.
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