Première chapelle attestée IXe siècle (≈ 950)
Oratoire Saint-Jean-Baptiste cité en 807
1180
Construction église romane
Construction église romane 1180 (≈ 1180)
Dédiée à saint Sulpice le Pieux
1646
Pose première pierre
Pose première pierre 1646 (≈ 1646)
Par Anne d'Autriche pour la nouvelle église
1719
Reprise des travaux
Reprise des travaux 1719 (≈ 1719)
Financés par une loterie royale
1732
Façade de Servandoni
Façade de Servandoni 1732 (≈ 1732)
Inspirée de Saint-Paul de Londres
1777
Achèvement tour nord
Achèvement tour nord 1777 (≈ 1777)
Par Chalgrin, style néo-classique
1870
Fin des travaux
Fin des travaux 1870 (≈ 1870)
Après 130 ans de construction
1915
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1915 (≈ 1915)
Protection de l'édifice entier
2019
Incendie criminel
Incendie criminel 2019 (≈ 2019)
Dégâts sur le portail sud
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Sulpice : classement par arrêté du 20 mai 1915
Personnages clés
Jean-Jacques Olier - Curé et fondateur
Relance la construction en 1645
Jean-Baptiste Languet de Gergy - Curé bâtisseur
Organise la loterie pour financer
Giovanni Servandoni - Architecte façade
Conçoit le péristyle en 1732
Eugène Delacroix - Peintre fresques
Décore la chapelle des Saints-Anges
Jean-François Chalgrin - Architecte tour nord
Achève la tour en 1777
Edmé Bouchardon - Sculpteur statues
Réalise les Apôtres du chœur
Origine et histoire
L'église Saint-Sulpice, située place Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement de Paris, est un monument emblématique dont la construction s'étale sur près de 130 ans, des plans initiaux de Daniel Gittard en 1660 à son achèvement en 1870. Son histoire commence bien avant, avec une première chapelle attestée dès le IXe siècle, remplacée par une église romane au XIIe siècle. La paroisse, initialement liée à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, devient indépendante et prospère, nécessitant un agrandissement au XVIIe siècle sous l'impulsion du curé Jean-Jacques Olier, fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Les travaux, interrompus par la Fronde et des difficultés financières, reprennent en 1719 grâce à l'engagement du curé Languet de Gergy et à une loterie royale autorisée par le Régent.
L'architecture de Saint-Sulpice reflète les évolutions stylistiques de trois siècles. La façade, conçue par Giovanni Servandoni en 1732, s'inspire de la cathédrale Saint-Paul de Londres, avec un péristyle à colonnes accouplées et deux tours dissymétriques, dont seule la tour nord, remaniée par Jean-François Chalgrin en 1777, est achevée selon un style néo-classique. L'intérieur, marqué par l'influence jésuite, comprend une nef unique flanquée de chapelles, un chœur imposant orné de statues d'Edmé Bouchardon, et des fresques remarquables, dont celles d'Eugène Delacroix dans la chapelle des Saints-Anges (1855–1861). Le gnomon astronomique, installé en 1727, témoigne des liens entre science et religion, tandis que les orgues, signés Cavaillé-Coll, comptent parmi les plus grands de France.
Saint-Sulpice joue un rôle central dans la vie parisienne, tant religieuse que culturelle. Sous la Révolution, elle devient successivement un temple de la Raison, un magasin de fourrage, puis retrouve sa vocation cultuelle au XIXe siècle. L'église accueille des mariages célèbres, comme ceux de Victor Hugo (1822) ou Camille Desmoulins (1790), et abrite les tombes de personnalités telles que la marquise de La Fayette ou Molière’s veuve, Armande Béjart, avant leur disparition. Au XXe siècle, des restaurations majeures préservent son patrimoine, notamment après l'incendie criminel de 2019. Aujourd’hui, elle sert occasionnellement de cathédrale diocésaine en remplacement de Notre-Dame, tout en restant un lieu de pèlerinage artistique et historique, marqué par son style « sulpicien » et son rayonnement intellectuel.
La place Saint-Sulpice, aménagée par Servandoni et dotée d’une fontaine monumentale par Visconti en 1847, complète cet ensemble. Le séminaire adjacent, fondé par Olier en 1642, forme des générations de prêtres avant d’être supprimé en 1906. L’église, classée Monument Historique en 1915, incarne ainsi l’évolution religieuse, politique et artistique de Paris, des Lumières à nos jours, tout en abritant une faune insolite : un couple de faucons pèlerins niche depuis 2020 dans sa tour nord.
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