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Église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus dans les Hauts-de-Seine

Église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus

    62 Rue de l'Ancienne Mairie
    92100 Boulogne-Billancourt

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1910
Création de la chapelle annexe
1911
Construction de la chapelle provisoire
29 avril 1923
Béatification de sainte Thérèse de Lisieux
1926-1928
Début des travaux et achèvement de la crypte
18 novembre 1927
Érection en paroisse
28 août 1939
Bénédiction de la croix du clocher
1938-1945
Reprise et achèvement des travaux
1942-1943
Bombardements et dommages
13 janvier 1946
Bénédiction des trois cloches
1976
Abbé Brasdu reconnu Juste parmi les nations
2010
Départ des prêtres Oratoriens
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Père Lieubray - Vicaire oratorien et fondateur Initiateur de la chapelle et des œuvres sociales.
Chanoine Gérard - Curé de Notre-Dame de Boulogne Commanditaire de la chapelle annexe en 1910.
Paul Legrie - Architecte de la chapelle provisoire Auteur des plans en 1911.
Cardinal Dubois - Archevêque de Paris Lance le concours pour l’église en 1925.
Charles Bourdery - Architecte de l’église actuelle Dirige les travaux à partir de 1926.
Henri Vidal - Architecte successeur Poursuit les travaux pendant la guerre.
Abbé Maurice Brasdu - Curé de la paroisse (1938-?) Reconnu Juste parmi les nations en 1976.
Jean Lambert-Rucki - Sculpteur et décorateur Auteur des sculptures polychromes et chapiteaux.
Auguste Labouret - Maître-verrier Créateur des vitraux du chœur.
André Pierre - Maître-verrier Auteur des vitraux de la crypte et nef.
Cardinal Verdier - Archevêque de Paris Relance les travaux en 1938 via les Chantiers du Cardinal.

Origine et histoire

L’église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus de Boulogne-Billancourt trouve ses origines en 1910, lorsque le chanoine Gérard, curé de Notre-Dame de Boulogne, confia au père Lieubray, vicaire oratorien, la mission de créer une chapelle annexe dans le quartier ouvrier de la Plaine. Ce quartier, en pleine expansion démographique grâce aux usines automobiles et blanchisseries industrielles, manquait de lieux de culte. Une première chapelle provisoire, dédiée à sainte Thérèse d’Avila, fut construite en 1911 par l’architecte Paul Legrie, financée par l’œuvre des chapelles de secours. Elle s’accompagna d’œuvres sociales (patronage, aide aux familles) dans un esprit de catholicisme social. La chapelle, transformée plus tard en école, disparut au début des années 2000.

Après la béatification de sainte Thérèse de Lisieux en 1923, le cardinal Dubois valida la construction d’une église paroissiale dédiée à la future sainte. Un concours fut lancé en 1925, remporté par l’architecte Charles Bourdery, mais les travaux, débutés en 1926, s’interrompirent faute de fonds après l’achèvement de la crypte (bénie en 1928). La paroisse fut officiellement érigée en 1927, couvrant un territoire délimité par le quai de Boulogne et l’avenue Victor-Hugo. La chapelle provisoire devint paroisse sous le vocable de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

En 1938, grâce aux Chantiers du Cardinal et au cardinal Verdier, les travaux reprirent selon des plans simplifiés, dirigés par Charles Bourdery puis Henri Vidal après 1939. Le gros œuvre fut achevé à la déclaration de guerre, et la croix du clocher bénie le 28 août 1939. L’église, endommagée par des bombardements en 1942 et 1943, fut décorée jusqu’en 1945. Ses trois cloches, enterrées pendant 42 mois pour échapper à la réquisition, furent bénies en 1946. L’abbé Maurice Brasdu, curé pendant la guerre, fut reconnu Juste parmi les nations en 1976 pour son rôle dans la protection des persécutés.

L’église actuelle, de style sobre et moderne, mêle béton armé, pierre et brique. Son décor intérieur, marqué par l’art sacré des années 1930-1940, inclut des sculptures polychromes de Jean Lambert-Rucki (chemin de croix, crypte), des vitraux d’Auguste Labouret et André Pierre, et des œuvres de sculpteurs comme René Iché ou Lucienne Heuvelmans. La crypte, voûtée et ornée de chapiteaux historiés, illustre des scènes bibliques et hagiographiques. L’édifice reçut les labels Patrimoine du XXe siècle et Patrimoine d’intérêt régional pour sa valeur artistique et historique.

Dès 1911, le père Lieubray développa un programme social ambitieux pour la population ouvrière du quartier, souvent étrangère (dont une communauté chinoise catholique). Un patronage, un dispensaire, une pouponnière, et des cours professionnels (couture, comptabilité, dessin industriel) furent créés. En 1914, une école de garçons (Saint-Philippe) et une école de filles (Thérèse-Martin) ouvrirent, regroupées en 1970 sous le nom de Saint-François-d’Assise. En 1963, un foyer pour jeunes travailleurs fut inauguré, aujourd’hui transformé en résidence pour jeunes adultes en situation de handicap.

Les Oratoriens, présents depuis l’origine, quittèrent la paroisse en 2010 après près d’un siècle d’animation pastorale. L’église reste un témoignage de l’engagement social du clergé au XXe siècle et de la fusion entre art sacré moderne et mission auprès des classes populaires.

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