Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Ancien prieuré de la Primaudière (également sur commune de Juigné-des-Moutiers (44) ) en Loire-Atlantique

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Prieuré
Loire-Atlantique

Ancien prieuré de la Primaudière (également sur commune de Juigné-des-Moutiers (44) )

    La Primaudière
    44670 Juigné-des-Moutiers
Propriété privée
Prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Ancien prieuré de la Primaudière
Crédit photo : Romain Bréget - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1700
1800
1900
2000
1095
Première mention toponymique
1207-1208
Fondation du prieuré
1317
Réunion à Montguyon
XIIIe siècle
Construction de la chapelle
1762
Départ des moines
1772
Dissolution de l’ordre
1836
Transformation en verrerie
1965
Classement de la chapelle
2005
Inscription des bâtiments conventuels
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La chapelle (cad. C 133) : classement par arrêté du 31 mai 1965 - Les façades et les toitures de l'ensemble de l'aile conventuelle, ainsi que l'assiette archéologique de l'ancien carré du cloître (cad. Armaillé C 133 ; Juigné-des-Moutiers ZH 17) : inscription par arrêté du 30 septembre 2005

Personnages clés

Gauthier Hai - Seigneur de Pouancé (XIe siècle) S’empare du domaine vers 1095.
Guillaume de la Guerche - Seigneur de Pouancé (début XIIIe s.) Donateur du prieuré en 1207-1208.
Geoffroy de Châteaubriant - Seigneur de Châteaubriant (début XIIIe s.) Co-donateur avec privilèges urbains.
Hervé de La Selle - Seigneur de La Prévière (début XIIIe s.) Signataire de la charte de fondation.
Jean Le Veneur - Propriétaire initial (XIe siècle) Donne le domaine à l’abbaye de Redon.
Jehan Dumas - Prieur commendataire (XVIe siècle) Mentionné dans un bail de 1544.

Origine et histoire

Le prieuré de la Primaudière, fondé en 1207 par les moines de l'ordre de Grandmont, s’étend sur deux communes : Armaillé (Maine-et-Loire) et Juigné-des-Moutiers (Loire-Atlantique). Son origine remonte à un don conjoint des seigneurs de Pouancé, Châteaubriant et La Prévière, qui cèdent le domaine avec des revenus et privilèges urbains. La chapelle Notre-Dame, construite au XIIIe siècle, devient un lieu de pèlerinage médiéval, tandis que le prieuré, organisé selon l’architecture grandmontaine, abrite jusqu’à six moines au XIVe siècle. Le site, situé à cheval sur l’Anjou et la Bretagne, symbolise les tensions historiques entre ces provinces.

Au Moyen Âge, le prieuré est un centre religieux actif, lié à des conflits locaux comme la prise du domaine par Gauthier Hai vers 1095. Les moines y accueillent des réfugiés des prieurés de Monnay et Bercey au XIVe siècle. En 1317, il est réuni à celui de Montguyon. La dissolution de l’ordre de Grandmont en 1772 entraîne le transfert de ses revenus au Séminaire Saint-Charles d’Angers. Les bâtiments, vendus comme biens nationaux pendant la Révolution, sont transformés en verrerie en 1836, puis en étable au XXe siècle, avant des restaurations révélant des éléments architecturaux originaux.

L’architecture du prieuré reflète son héritage grandmontain : la chapelle, classée Monument Historique en 1965, présente une nef unique voûtée en berceau brisé et un chœur à croisée d’ogives, orné de peintures murales et de motifs fleuris. Les ouvertures, comme la porte des fidèles en grès roussard, et les vestiges du cloître illustrent cette tradition. Les bâtiments conventuels, remaniés au XVIIIe siècle, conservent des traces du XVe siècle, comme une baie en grès bleu. Le site, entouré par la forêt de Juigné, est aujourd’hui partiellement protégé, avec une inscription en 2005 pour l’aile conventuelle et le carré du cloître.

La toponymie du lieu évolue depuis Primauderia (1095) vers Primaudière (1544), probablement issue du nom latin Primaldus. Le prieuré, construit au-dessus de la rivière Nymphe — ancienne frontière entre Anjou et Bretagne —, incarne les échanges culturels et politiques de la région. Après sa désaffectation religieuse, le site connaît des usages industriels et agricoles avant sa préservation contemporaine, témoignant de son adaptation aux époques successives.

Les sources historiques, comme les chartes de 1207-1208 ou les actes notariés du XVIe siècle, documentent son rôle économique et social. Les seigneurs locaux, comme Guillaume de la Guerche ou Geoffroy de Châteaubriant, y sont associés via des dons et des privilèges. Aujourd’hui, le prieuré allie patrimoine architectural, mémoire monastique et paysages forestiers, offrant un exemple rare de l’héritage grandmontain en Pays de la Loire.

Liens externes