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Enceinte

Enceinte

    9 Entrée du Castrum
    47130 Bruch
Propriété de la commune
Enceinte
Enceinte
Enceinte
Enceinte
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
1249
Premier hommage féodal
1286
Passage sous suzeraineté anglaise
1400
Emprisonnement de Bertrand de Lamothe
XIVe siècle
Construction des tours nord et sud
1453
Fin de la domination anglaise
1589
Rattachement à la couronne de France
1906
Classement Monument Historique
1910
Foudre sur la tour sud
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les ruines des deux tours : classement par arrêté du 13 août 1906

Personnages clés

Arnaud Garsie du Fossat - Seigneur de Bruch Premier hommage féodal en 1249 à Raymond VII.
Raymond Bernard du Fossat - Tuteur et prieur Reconnaît la suzeraineté anglaise en 1286.
Bertrand de Lamothe - Seigneur de Bruch (XIVe s.) Emprisonné sept ans par son cousin.
Jean de Ferréol - Seigneur de Tonneins Auteur de l’emprisonnement de Bertrand de Lamothe.
Pons VI de Castillon - Seigneur et libérateur Libère Bertrand de Lamothe en 1407.
Jeanne de Castillon - Héritière bannie Fille de Pons VI, exilée en 1422 par Henri VI.
Antoine de Pardaillan - Seigneur de Bruch (XVIe s.) Marié à Paule d’Espagne, dernier seigneur cité.

Origine et histoire

L’enceinte de Bruch est un ensemble de fortifications médiévales érigées au XIIIe siècle pour protéger le castrum (castelnau) de Bruch, en Lot-et-Garonne. Ce système défensif, typique des bastides et villages fortifiés du Sud-Ouest, comprenait initialement des courtines crénelées reliant deux tours-portes aux extrémités nord et sud. Ces tours, toujours debout, servaient d’accès principal à l’agglomération et illustrent l’architecture militaire de l’époque, avec des salles voûtées, des mâchicoulis et des escaliers en colimaçon. La motte castrale initiale, jugée insuffisante, fut remplacée par ce nouveau dispositif orthogonal, reflétant les besoins stratégiques des seigneurs locaux.

La première mention écrite de Bruch remonte à 1249, lorsque Arnaud Garsie du Fossat rend hommage à Raymond VII, comte de Toulouse, pour le castrum. En 1286, la seigneurie passe sous la suzeraineté du roi d’Angleterre (duc de Guyenne), comme en témoigne l’acte de reconnaissance de Raymond Bernard du Fossat. Au XIVe siècle, la famille de Lamothe hérite du fief, mais les conflits internes — comme l’emprisonnement de Bertrand de Lamothe par son cousin Jean de Ferréol (1400) — marquent une période troublée. Lechâteau et l’enceinte deviennent ensuite un enjeu des guerres franco-anglaises, restant sous domination anglaise jusqu’en 1453.

Les vestiges actuels incluent les deux tours, partiellement remaniées : la tour nord, dotée de baies géminées ajoutées au XVIe siècle, et la tour sud, endommagée par la foudre en 1910. Classées Monument Historique en 1906, ces structures ont fait l’objet de restaurations (1934, 1956), notamment pour conserver leurs éléments défensifs (mâchicoulis, escaliers) et leurs salles voûtées d’ogives. L’enceinte témoigne ainsi de l’évolution architecturale et politique d’un village médiéval, entre féodalité occitane et influences plantagenêts.

Au-delà de son rôle militaire, l’enceinte de Bruch incarnait le pouvoir seigneurial des familles successives (du Fossat, de Lamothe, de Castillon, de Pardaillan). Ces lignées, souvent liées aux conflits régionaux (guerre de Cent Ans, rivalités locales), ont façonné l’histoire du site. La tour nord, avec sa base carrée et son étage circulaire, révèle des adaptations techniques pour résister aux assièges, tandis que les archives évoquent des usages mixtes (défense, habitat, prison). Le site, aujourd’hui propriété communale, offre un exemple préservé des fortifications rurales du Moyen Âge central.

Les sources historiques soulignent aussi des anecdotes marquantes, comme la captivité de Bertrand de Lamothe (1400–1407), enfermé dans les basses-fosses du château par son cousin. Libéré par Pons VI de Castillon, il lui lègue ses biens, avant que la seigneurie ne passe aux Pardaillan (XVe–XVIe siècles). Ces derniers, proches de la couronne de France, transforment progressivement le site, comme en témoignent les aménagements Renaissance (baies géminées). La fin des hostilités anglo-françaises (1453) et le rattachement à la couronne (1589) scellent le destin pacifié de Bruch, dont l’enceinte devient un symbole patrimonial.

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