Frise chronologique
Xe siècle
Premières murailles
Premières murailles
Xe siècle (≈ 1050)
Construction pour se protéger des Normands.
1558
Siège français
Siège français
1558 (≈ 1558)
Prise puis modernisation par van Noyen.
1643
Rattachement à la France
Rattachement à la France
1643 (≈ 1643)
Remaniement par Vauban après le siège.
1746
Porte du Couronné d’Yutz
Porte du Couronné d’Yutz
1746 (≈ 1746)
Construction par Cormontaigne, classée en 1984.
1902
Déclassement et destruction
Déclassement et destruction
1902 (≈ 1902)
Démantèlement sous administration allemande.
21 décembre 1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
21 décembre 1984 (≈ 1984)
Protection partielle des vestiges.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte du Couronné d'Yutz, dite porte de Sarrelouis (cad. 16 3) : classement par arrêté du 21 décembre 1984
Personnages clés
| Sébastien van Noyen - Ingénieur militaire |
Conçoit l’enceinte à bastions (1558). |
| Vauban - Architecte militaire |
Modernise les fortifications après 1643. |
| Louis de Cormontaigne - Ingénieur en chef |
Conçoit le Couronné d’Yutz (1746). |
| Jean Baron de Wiltz - Gouverneur de Thionville |
Renforce les défenses vers 1570. |
| Guillaume-Ferdinand Teissier - Historien local |
Documente l’enceinte en 1828. |
Origine et histoire
L’enceinte de Thionville est un système défensif dont les origines remontent au Moyen Âge, avec des murailles érigées dès le Xe siècle pour se protéger des incursions normandes et hongroises. Ces premières fortifications, centrées autour d’un palais royal en ruines et d’un château féodal (dont subsiste la Tour-aux-Puces), consistaient en une muraille épaisse flanquée de tours et entourée de fossés. La Moselle servait de défense naturelle au sud-est, limitant l’expansion urbaine.
Au XVIe siècle, face à l’évolution des techniques de siège et à la menace des conflits franco-impériaux, l’enceinte est modernisée sous Charles Quint. En 1558, après un siège français, Sébastien van Noyen conçoit une nouvelle enceinte à sept bastions, intégrant des orillons et des places basses pour adapter la ville à l’artillerie. Les travaux, attribués au baron Jean de Wiltz vers 1570, renforcent particulièrement la partie méridionale avec fossés et ouvrages extérieurs comme des demi-lunes.
La prise de Thionville par la France en 1643 marque un tournant : Vauban, puis Louis de Cormontaigne au XVIIIe siècle, remanient les fortifications. Cormontaigne ajoute des ouvrages majeurs comme le Couronné d’Yutz (1746) et le fort de la Double-Couronne, tandis que des ingénieurs comme Quesnau de Clermont ou Vitry de La Salle supervisent les travaux. Ces aménagements transforment Thionville en une place forte heptagonale, malgré des apparentes irrégularités dues à la conservation d’éléments antérieurs.
L’enceinte est déclassée en 1902 sous l’administration allemande, qui détruit une grande partie des remparts pour l’expansion urbaine, ne laissant que des vestiges comme la Porte du Couronné d’Yutz (classée Monument Historique en 1984). Ce déclassement coïncide avec la construction de la Moselstellung, une ligne défensive moderne. Les matériaux utilisés, comme la pierre de Jaumont ou la brique, reflètent les adaptations successives aux besoins militaires.
Les traces médiévales, comme les fondations de la terrasse près de la rue de la Munitionnaire ou les fossés mis au jour en 1821, témoignent de l’évolution stratifiée des défenses. La Tour-aux-Puces, dernier vestige du château féodal des comtes de Luxembourg, illustre la transition entre les époques. Les archives du XIXe siècle, comme celles de Guillaume-Ferdinand Teissier (1828), documentent ces transformations avant leur disparition partielle.