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Enceinte de Châteauneuf à Tours en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Enceinte

Enceinte de Châteauneuf

  • Rue Néricault-Destouches
  • 37000 Tours
Crédit photo : Arcyon37 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
37000 Tours, Rue Néricault-Destouches

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
903-918
Construction de l'enceinte
XIIIe-XIVe siècles
Voûtement des tours
1470
Restauration par Thierry Babillone
1660
Destruction porte de l'Écrignole
1940
Dégâts Seconde Guerre mondiale
1940-1950
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Caves du Xe et du XVe siècle (deux) : inscription par arrêté du 27 octobre 1941

Personnages clés

Charles III le Simple - Roi de Francie occidentale Autorisa la construction vers 903-918.
Robert (comte de Tours) - Abbé laïc de Saint-Martin Initiateur conjoint de l’enceinte.
Thierry Babillone - Maître maçon (XVe siècle) Restaura tours et courtines en 1470.

Origine et histoire de l'enceinte

L’enceinte de Châteauneuf, située à Tours dans l’actuel département d’Indre-et-Loire, fut érigée au début du Xe siècle pour protéger la basilique Saint-Martin et affirmer l’autonomie politique de la ville martinienne face à la vieille cité gallo-romaine. Entourée d’un fossé et percée de quatre portes, elle symbolisait aussi la rivalité entre les autorités religieuses de Saint-Martin et l’évêque de Tours. Son tracé, long d’environ 210 à 250 mètres par côté, englobait un espace de 4 hectares divisé entre un quartier canonial au sud et un quartier laïc au nord.

La construction de l’enceinte, probablement autorisée par Charles III le Simple entre 903 et 918, répondait à la fois aux raids normands et à une volonté politique de marquer l’indépendance de Châteauneuf. Les matériaux utilisés (petit appareil de silex lié au mortier rose) et son architecture (tours cylindriques espacées de 40 mètres) s’inspiraient de l’enceinte gallo-romaine de Tours. Dès le XIIe siècle, des habitations furent adossées à la muraille, et certaines parties furent démontées pour réutiliser les pierres dans la nouvelle enceinte du XIVe siècle.

Au fil des siècles, l’enceinte perdit son utilité défensive. Les portes furent détruites entre le XVIIe et le XIXe siècle, et les derniers vestiges majeurs disparurent lors des bombardements de 1940. Aujourd’hui, deux tours remaniées (rue Baleschoux et rue Néricault-Destouches) et des vestiges souterrains subsistent. L’enceinte, classée monument historique entre 1940 et 1950, témoigne de la bipolarisation médiévale de Tours entre la « Cité » épiscopale et le bourg martinien.

L’enceinte joua aussi un rôle économique : elle abritait un marché, des changeurs, et des ateliers de frappe monétaire, où le denier de Saint-Martin devint la livre tournois. Son déclin s’accéléra après la construction de la « clouaison » de Jean le Bon au XIVe siècle, qui rendit son périmètre obsolète. Les fouilles archéologiques (notamment après 1940) ont permis de préciser son tracé et son histoire, bien que des incertitudes persistent sur l’existence d’une première palissade en bois.

Parmi les personnages clés, Robert (comte de Tours et abbé laïc de Saint-Martin) et Charles III le Simple autorisèrent sa construction. Au XVe siècle, l’architecte Thierry Babillone (ou Babylone) répara plusieurs tours. L’enceinte illustre ainsi les tensions politiques, religieuses et urbaines qui structurèrent Tours au Moyen Âge, entre pouvoir épiscopal, chapitre canonial et bourgeoisie marchande.

Liens externes

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