Enceinte de Philippe Auguste 11 Quai de Conti - Paris 6ème à Paris 6ème dans Paris 6ème

Patrimoine classé Rempart Enceinte

Enceinte de Philippe Auguste 11 Quai de Conti - Paris 6ème

  • 11 Quai de Conti
  • 75006 Paris 6e Arrondissement
Enceinte de Philippe Auguste 11 Quai de Conti - Paris 6ème
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Enceinte de Philippe Auguste 11 Quai de Conti - Paris 6ème
Crédit photo : Inocybe/piero d'Houin - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1190
Départ pour la croisade
Fin du XIIe siècle
Début de la construction
XIIIe siècle
Achèvement de l'enceinte
XIVe siècle
Nouvelle enceinte rive droite
XVIe siècle
Démantèlement progressif
Années 1680
Destruction des dernières portes
XVIIe siècle
Disparition des fossés
1889
Classement des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Vestiges de l'enceinte : classement par liste de 1889

Personnages clés

Philippe-Auguste Roi de France ayant ordonné la construction de l'enceinte avant son départ pour la troisième croisade.
Philippe Auguste Roi de France ayant ordonné la construction de l'enceinte avant son départ pour la troisième croisade.

Origine et histoire de l'Enceinte de Philippe Auguste

L’enceinte de Philippe-Auguste, élevée à partir de la fin du XIIe siècle, est la deuxième enceinte médiévale de Paris et la plus ancienne dont le tracé soit connu avec précision. En grande partie détruite, elle a cependant laissé davantage de vestiges que les fortifications ultérieures et a marqué durablement le plan de la ville. Son empreinte est visible sur la rive droite dans l’orientation de certaines rues, comme l’alignement en biais s’observant autour de la rue Jean-Jacques‑Rousseau par rapport à la rue Saint‑Honoré et dans le tracé aboutissant à la rue des Jardins‑Saint‑Paul, où la muraille est encore repérable ; sur la rive gauche, plusieurs voies ont été tracées sur les anciens fossés, notamment les rues des Fossés‑Saint‑Bernard, des Fossés‑Saint‑Jacques et Monsieur‑le‑Prince. La construction répondait aux luttes contre la dynastie des Plantagenêt et fut ordonnée par le roi avant son départ pour la troisième croisade afin de protéger Paris contre des attaques venant du nord et de l’ouest ; la muraille était à l’origine dépourvue de fossé extérieur. L’enceinte accompagna et favorisa le développement urbain : le roi encouragea l’urbanisation des quartiers englobés, transféra une foire dans le quartier des Champeaux et concéda des terrains à l’abbaye de Sainte‑Geneviève, tandis que Paris devenait résidence royale, centre administratif et pôle universitaire et culturel ; au début du XIVe siècle la ville comptait environ 250 000 habitants. La rive droite fut fortifiée en premier, puis la rive gauche ; la priorité accordée à la rive droite s’explique par la menace venant du duché de Normandie et par la construction, pour renforcer la défense, de la forteresse du Louvre. L’enceinte mesurait environ 2 850 mètres sur la rive droite et 2 535 mètres sur la rive gauche, enfermant 253 hectares et au moins 50 000 habitants à la fin du règne. Les propriétaires des terrains expropriés furent indemnisés et le coût des travaux est partiellement documenté : la rive gauche fut financée à hauteur de 7 020 livres par le Trésor royal, la rive droite coûta vraisemblablement plus de 8 000 livres avec une participation possible des bourgeois, et l’ensemble du programme de fortifications — Louvre, châtelets et travaux dans la Cité — représenterait au moins 20 000 livres. Au XIVe siècle l’enceinte de Charles V englobant la rive droite ne fit pas disparaître la muraille de Philippe‑Auguste, qui restait alors très solide, mais la rive gauche conserva la vieille muraille jusque dans la première modernisation des techniques de siège. Pour améliorer la défense on creusa des fossés devant le mur et parfois derrière, on utilisa leurs déblais pour renforcer l’arrière, on inonda certaines sections en retenant l’eau par des écluses, on édifia des barbacanes munies de herses et de ponts, et on aménagea un chemin de ronde intérieur facilitant la circulation de l’artillerie. À partir du XVIe siècle les parties de l’enceinte furent vendues ou louées, ce qui entraîna le démantèlement progressif des courtines ; les fossés proches de la Seine, insalubres, furent couverts puis remblayés au XVIIe siècle et les dernières portes, devenues inadaptées à la circulation, furent rasées dans les années 1680, rendant l’enceinte quasiment invisible. Centrée sur l’île de la Cité, l’enceinte renfermait 739 arpents et plusieurs bourgs, au nord le Beau‑Bourg, le bourg Tiboust, Saint‑Germain‑l’Auxerrois, une partie du Bourg‑l’Abbé, le quartier des Champeaux et le cimetière des Innocents, et au sud le bourg Sainte‑Geneviève ; elle traversait les actuels 1er, 4e, 5e et 6e arrondissements. Sur la rive droite le mur, long d’environ 2 850 mètres et interrompu au droit du Louvre, s’articulait en cinq segments autour des portes principales telles que Saint‑Honoré, Montmartre, Saint‑Denis, Saint‑Martin, Barbette et Saint‑Antoine ; il débutait près de la tour du Coin et se terminait à la tour Barbeau, et un dispositif défensif reliait probablement les tours de part et d’autre de l’Île Saint‑Louis, parfois par de grosses chaînes tendues sur des bateaux. Sur la rive gauche le tracé se devine par les rues extérieures et comportait à l’origine six portes principales, notamment Saint‑Bernard, Saint‑Victor, Saint‑Marcel, Saint‑Jacques, la porte d’Enfer (ou Saint‑Michel) et la porte Saint‑Germain, dite plus tard porte de Buci, pour finir à la tour et porte de Nesle. Le mur, entièrement crénelé et pourvu d’un chemin de ronde d’environ deux mètres de large, mesurait de six à huit mètres de hauteur — jusqu’à neuf mètres avec le parapet — pour une épaisseur de quatre à six mètres à la base ; il était constitué de deux parements entre lesquels on introduisait pierres et mortier. L’enceinte était flanquée de 73 tours semi‑cylindriques (39 rive droite, 34 rive gauche) plus quatre tours d’extrémité ; elles étaient espacées en moyenne de 55 à 60 mètres, parfois de 40 mètres dans certains secteurs et jusqu’à 110 mètres en terrain semi‑marécageux, mesuraient environ six mètres de diamètre extérieur avec des murs d’un mètre, atteignaient une quinzaine de mètres de haut et comportaient trois niveaux sur une base voûtée. Certaines différences existaient entre rives : les tours de la rive droite s’ouvraient au niveau 2 sur le chemin de ronde et étaient dépourvues d’archères, tandis que sur la rive gauche le niveau 2 possédait des archères et communiquait par porte latérale avec le chemin de ronde ; les tours étaient coiffées d’un toit conique et quatre tours fluviales plus puissantes, hautes d’environ 25 mètres et larges de 10 mètres, contrôlaient la navigation et permettaient de tendre des chaînes pour barrer le fleuve. À l’origine quatorze portes principales barraient l’enceinte, renforcées par des tours talutées de 15 mètres de haut encadrant un passage voûté ou à ciel ouvert bouclé par des vantaux et une herse ; d’autres portes et de nombreuses poternes furent percées ultérieurement pour répondre à l’accroissement du trafic. L’enceinte, bien que devenue discrète depuis le XVIIe siècle, laisse encore de nombreux vestiges intégrés aux constructions ou conservés sur des propriétés privées ; vingt portions ont été classées monuments historiques depuis 1889 et parmi les éléments les mieux visibles figurent la longue portion conservée à l’angle des rues Charlemagne et des Jardins‑Saint‑Paul, des tronçons rue du Temple, rue Jean‑Jacques‑Rousseau, des restes au lycée Charlemagne, au Jardin des Rosiers, rue Clovis, ainsi que des découvertes récentes, notamment une tour mise au jour à l’Institut de France.

Liens externes