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Enceinte de Philippe Auguste 23-27 Rue d'Arras - Paris 5ème

Patrimoine classé Rempart Enceinte

Enceinte de Philippe Auguste 23-27 Rue d'Arras - Paris 5ème

  • 23-27 Rue d'Arras
  • 75005 Paris
Enceinte de Philippe Auguste 23-27 Rue dArras - Paris 5ème
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Enceinte de Philippe Auguste 23-27 Rue dArras - Paris 5ème
75005 Paris, 23-27 Rue d'Arras

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1190–1209
Construction de la rive droite
1200 (environ)
Construction du Louvre
1200–1215
Achèvement de la rive gauche
XIVe siècle
Renforcement par fossés
1533
Démolition des portes (François Ier)
1889
Classement monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Philippe Auguste - Roi de France (1180–1223) Commanditaire de l’enceinte avant la croisade.
Étienne Barbette - Bourgeois parisien Financeur de la porte éponyme.
Henri II - Roi de France (1547–1559) Lié à la tour Montgommery (mort accidentelle).

Origine et histoire de l'Enceinte de Philippe Auguste

L’enceinte de Philippe Auguste, construite entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, fut la deuxième muraille médiévale de Paris dont le tracé est précisément connu. Commandée par le roi avant son départ pour la troisième croisade (1190), elle visait à protéger la capitale des attaques des Plantagenêts, dont les territoires s’étendaient de la Normandie aux Pyrénées. La rive droite, plus exposée, fut fortifiée en priorité (1190–1209), suivie par la rive gauche (1200–1215). D’une longueur totale de 5 385 mètres, elle englobait 253 hectares et abritait environ 50 000 habitants.

Le financement fut partagé entre la Couronne (au moins 7 020 livres pour la rive gauche) et les bourgeois parisiens, ces derniers contribuant probablement pour un tiers à la moitié des coûts. Le mur, haut de 6 à 9 mètres et épais de 4 à 6 mètres, était flanqué de 73 tours semi-cylindriques et percé de 14 portes principales, dont certaines comme la porte Saint-Honoré ou la porte Saint-Antoine jouaient un rôle clé dans le contrôle des axes commerciaux. Contrairement aux enceintes ultérieures, celle de Philippe Auguste ne possédait pas de fossés extérieurs à l’origine, les voiries parisiennes étant situées à proximité.

L’enceinte accompagna le développement urbain de Paris, favorisant l’essor des quartiers marchands (comme les Champeaux) et la création de collèges en rive gauche, faisant de la ville un centre politique et culturel majeur. Au XIVe siècle, malgré la construction de l’enceinte de Charles V sur la rive droite, celle de Philippe Auguste resta en place, renforcée par des fossés et des barbacanes. Elle ne fut démantelée qu’à partir du XVIe siècle, sous François Ier, pour laisser place à l’expansion de la ville. Aujourd’hui, une vingtaine de vestiges classés monuments historiques subsistent, intégrés dans des bâtiments ou visibles dans des cours privées.

Parmi les portions conservées, on trouve des tronçons rue des Jardins-Saint-Paul (4e), où une courtine de 60 mètres relie deux tours, ou rue d’Arras (5e), où des vestiges sont visibles dans les sous-sols et les propriétés privées. La tour Montgommery, nommée d’après le capitaine écossais ayant accidentellement tué Henri II, en est un exemple marquant. Les rues actuelles comme les Fossés-Saint-Bernard ou Monsieur-le-Prince suivent d’ailleurs l’ancien tracé des fossés comblés au XVIIe siècle. Ces reliques témoignent de l’impact durable de cette enceinte sur le plan de Paris, malgré sa disparition progressive.

L’enceinte joua aussi un rôle défensif fluvial grâce à quatre tours imposantes (tour du Coin, tour de Nesle, tour Barbeau, tournelle Saint-Bernard) reliées par des chaînes pour bloquer la navigation sur la Seine. Ces aménagements reflétaient les préoccupations stratégiques de l’époque, où Paris devenait un enjeu majeur entre Capétiens et Plantagenêts. Son héritage urbanistique persiste dans l’orientation des rues (comme la rue Saint-Honoré) et la localisation des marchés historiques, comme les Halles, transférés sous Philippe Auguste depuis l’enclos Saint-Lazare.

Classée monument historique dès 1889, l’enceinte de Philippe Auguste illustre l’évolution des techniques militaires médiévales et l’affirmation du pouvoir royal. Son tracé, bien que moins visible que celui des boulevards issus des enceintes ultérieures, reste un marqueur invisible mais fondamental de l’histoire parisienne, influençant encore aujourd’hui la morphologie de la ville.

Liens externes

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